mar 18
2010

« Devant l’évidence de la catastrophe, il y a ceux qui s’indignent et ceux qui prennent acte, ceux qui dénoncent et ceux qui s’organisent. Nous sommes du côté de ceux qui s’organisent. »
Anonyme, Appel

« En pratique, le Contre-Net et la TAZ peuvent être considérés comme des fins en soi – mais, en théorie, ils peuvent aussi être perçus comme des formes de lutte pour une réalité différente. »
Hakim Bey, TAZ : zone d’autonomie temporaire, 1991

I – La contre-culture hacker

« Il n’a jamais été question d’être méchants ou destructeurs, même quand nous combattions les contre-vérités diffusées par les média de masse. Nous formions un ensemble de gens bizarres, qui exploraient un univers nouveau et partageaient leurs découvertes avec qui voulait bien l’entendre. Nous étions dangereux. »
Emmanuel Goldstein, The Best of 2600 : A Hacker Oddyssee, 2008

« Oui, je suis un criminel. Mon crime est celui de la curiosité. Mon crime est celui de juger les gens par ce qu’ils pensent et disent, pas selon leur apparence. Mon crime est de vous surpasser, quelque chose que vous ne me pardonnerez jamais. »
The Mentor, The Conscience of a Hacker, 1986, paru dans le numéro 7 du magazine électronique Phrack

Les préjugés sur le mouvement hacker sont si profondément ancrés dans l’inconscient collectif qu’ils se suffisent à euxmêmes. Le grand public oscille entre d’une part l’image terroriste véhiculée par le complexe médiatico-policier, et d’autre part celle d’un explorateur des frontières du cyber-espace transmise par la mauvaise science-fiction. À tel point que très peu connaissent le sens réel du mot hacker, et moins encore ont une vue globale de ce dont il s’agit.

Comme souvent, c’est l’étymologie qui permet le meilleur éclairage : hacker est un vieux mot anglais, issu du jargon des bûcherons, signifiant littéralement hacheur. Hacheur de bois. Le hacker est celui qui produit de petits objets sophistiqués à partir du bois qu’il coupe. C’est celui qui « bidouille » sa matière première. La langue anglaise a conservé l’usage de ce mot dans ce sens.

C’est dans les années 1960, aux États-Unis d’Amérique, que ce mot apparut dans le contexte des technologies de l’information. Dans les prestigieuses universités de ce pays, l’informatique commençait enfin à produire des résultats intéressants pour d’autres disciplines, et elle était donc de plus en plus reconnue en tant que science à part entière. Les informaticiens cherchèrent alors à s’affirmer aux yeux du reste de la communauté scientifique, et se demandèrent donc ce qui pouvait les caractériser, les différencier. Ils en vinrent à se dire que, finalement, la méthode scientifique (poser un problème, proposer une hypothèse, imaginer une expérience pour la confirmer ou l’infirmer, recueillir puis interpréter les données, et éventuellement recommencer, encore et encore) s’apparente largement à de la « bidouille », surtout dans leur spécialité.

C’est ainsi que le mot hacker devint le marqueur identitaire de toute une génération de scientifiques.

Cette génération, c’était celle de la jeunesse née juste après la Seconde Guerre Mondiale. Pour majorité aisée et cultivée, elle fréquentait les grandes universités telles que Berkeley ou le MIT. Une jeunesse insouciante qui souhaitait élargir ses horizons, et fit exploser les morales anciennes grâce aux idées nouvelles issues de la contre-culture apparue au cours de la décennie précédente : la Beat Generation de Burroughs et de Kerouac. À l’Université de Californie de Berkeley, on expérimentait le LSD, on développait BSD UNIX, le premier système informatique open source (quoi que pas encore un logiciel libre) et, au sud de la Baie de San Francisco, on créait la Silicon Valley ; c’est dans cette même San Francisco qu’en 1967 fut célébré le Summer of Love et l’avènement de la musique psychédélique.

La contre-culture imprégna petit à petit la totalité de la communauté hacker, et son impact reste visible de nos jours à divers degrés. Ancien phreaker, Steve Wozniak co-fonda Apple (sa blue box, dispositif de fraude aux télécommunications, est aujourd’hui exposée dans un musée). Créé dans un but strictement militaire, l’ancêtre d’Internet devint le terrain de jeu des hackers du monde entier, qui bâtirent au quotidien les briques de base d’un réseau dont plus personne ne peut se passer de nos jours. D’un réseau de communication militaire, ils firent le plus formidable outil de libération de l’individu jamais créé.

Né dans les années 1960, le mouvement hacker s’étendit et se propagea partout dans le monde pendant les années 1970.

La décennie suivante vit la politisation du mouvement, avec l’apparition du genre Cyberpunk, la formation des premiers groupes de hackers tels que le Chaos Computer Club en Allemagne (1984), et la naissance des magazines Phrack (1985) et 2600 : The Hacker Quarterly (1984). Des associations (Electronic Frontier Foundation, etc.) se créèrent afin de réfléchir à l’impact des nouvelles technologies sur nos sociétés. Les États se sentirent menacés et commencèrent à se doter d’un arsenal répressif (en France, la loi Godfrain du 5 janvier 1988). Richard Stallman formalisa un certain nombre d’idées flottant dans l’air de l’époque et accoucha du concept de « logiciel libre ».

Les années 1990 furent celles de l’explosion du nombre d’accès à Internet, notamment suite à l’invention du Web, et la première décennie du XXIe siècle est une époque de folie sécuritaire frappant sans discernement.

Mais on constate que la France est tout bonnement absente de l’histoire de ce mouvement, car elle a tout fait pour empêcher l’émergence d’un milieu hacker sur son territoire. En favorisant le Minitel au détriment d’Internet, en s’armant d’un arsenal répressif irrationnel, en créant de faux groupes de hackers afin de ficher et d’arrêter les éléments « actifs » (on se souvient du Chaos Computer Club France, fondé par Jean-Bernard Condat, agent de la DST), elle brise net toute velléité d’organisation et de structuration.

À part quelques sites web comme le regretté madchat.org, et quelques magazines électroniques tels que Noway, Noroute ou encore Cryptel, le milieu français, systématiquement privé du moindre point de fixation, peine à se faire connaître. De nos jours, quelques organisations isolées, quelques hacker spaces (ou hacklabs), quelques meetings 2600, et une poignée d’événement annuels font vivre un milieu qui ne se renouvelle que difficilement. Finalement, de nombreux hackers préfèrent rester dans l’ombre, se rabattant parfois sur les associations de défense et de promotion du logiciel libre (April), ou des collectifs de vigilance citoyenne (La Quadrature du Net). Le monde militant, pleinement victime de la désinformation ambiante, ne se sent pas vraiment concerné par le discours hacker, et va parfois même jusqu’à le rejeter, au nom de préjugés totalement infondés. Enfin, et malheureusement, la contre-culture hacker est largement confondue avec la sous-culture geek, ce qui a le désastreux effet de briser net tout élan revendicatif, toute velléité militante. En ce début de XXIe siècle, en France, être un hacker c’est être isolé et constamment menacé par la folie sécuritaire ambiante.

II – Des organisations peu représentatives

« L’organisation révolutionnaire est l’expression cohérente de la théorie de la praxis entrant en communication non-unilatérale avec les luttes pratiques, en devenir vers la théorie pratique. Sa propre pratique est la généralisation de la communication et de la cohérence dans ces luttes. »
Guy Debord, La Société du Spectacle, 1967

Il est actuellement presque impossible de se revendiquer ouvertement hacker. L’immense majorité des formations politiques refuse de prendre ce mouvement au sérieux, certaines allant même jusqu’à le juger dangereux. Les seules organisations susceptibles d’accueillir des hackers sont des organisations ne recoupant que partiellement les préoccupations des hackers.

Commençons par l’organisation la plus évidemment proche du milieu hacker : Indymedia. Sa genèse (Bataille de Seattle, décembre 1999) et son évolution sont intimement liées au milieu hacker, surtout en ce qui concerne 2600 : Indymedia New-York fut, à sa création, hébergé dans les locaux-mêmes du magazine, et Jello Biafra, auteur du célèbre slogan « Don’t hate the media, become the media. », est un ami d’Emmanuel Goldstein. En France, de nombreux hackers se sont impliqués dans la création des divers groupes Indymedia actifs localement, mais leurs idées n’ont jamais réellement pu influencer au-delà de l’organisation strictement interne de ces groupes. Au final, ces plates-formes de publication ouvertes ne reflètent que très rarement d’autres opinions que celles de la gauche militante historique. Indymedia a largement porté le mouvement anti/altermondialiste, dans lequel peu de hackers se sont reconnus, pour diverses raisons. Les équipes de modération et/ou de publication peuvent cependant s’avérer très ouvertes car elles savent l’importance des hackers dans l’histoire d’Indymedia, et ces cellules, à défaut d’être des points de fixation potentiels, peuvent constituer d’excellents vecteurs de communication externe, d’autant que leur lectorat est assez demandeur de points de vue novateurs. Il en va de même, bien entendu, pour l’ensemble des organisations libertaires et/ou militantes : peu et mal informées, elles ne peuvent servir de point de fixation, mais elles disposent d’un réel savoir faire (communication externe, gestion des crises policières, etc.) et sont généralement intégrées à des réseaux d’envergure internationale.

Continuons par le monde du logiciel libre. Il est constitué à la fois d’organisations locales (groupes d’utilisateurs de logiciels libres) et nationales (April, etc.). L’inconvénient majeur de ce type de structures est qu’elles sont littéralement bloquées par leur objectif : les logiciels libres, en tant qu’acteurs majeurs de l’industrie du logiciel, sont un moyen comme un autre de faire des affaires, de générer du profit. De grands noms de la violation de la vie privée tels que Google, Yahoo ! ou encore MySpace et Facebook sont d’indéfectibles soutiens au monde du logiciel libre, car ils en utilisent, en développent, en financent. On retrouve donc des employés de ces entreprises parmi les adhérents des associations locales et nationales, voire même ces entreprises elles-mêmes en tant que personne morale (Google France est par exemple membre de l’April). Cela explique la grande disparité des opinions politiques que l’on trouve au sein de ces associations ; il faut garder à l’esprit que l’on peut tout-à-fait être favorable à certaines mesures sécuritaires et être un fervent défenseur du logiciel libre, ces deux idées ne sont pas incompatibles. Ces associations ne pourront donc jamais se mobiliser sur certains sujets dont se préoccupent bon nombre de hackers, car elles perdraient alors toute la crédibilité durement gagnée par des années de labeur. Elles font un travail remarquable, mais ne peuvent servir de point de fixation au mouvement hacker.

Enfin, il existe quelques collectifs citoyens réputés proches du milieu hacker, parfois à raison, souvent à tort. Au tout début du mouvement de protestation contre la loi DADVSI (Droits d’Auteurs et Droits Voisins dans la Société de l’Information, adoptée en juin 2006, rendant illégal le développement de certains logiciels libres et punissant le partage d’informations non-libres par des peines de prison ferme), la branche française de la Free Software Foundation (Fondation pour le Logiciel Libre), anciennement présidée par l’un des co-fondateurs et actuel Délégué Général de l’April, créa l’initiative EUCD.INFO, et débloqua des fonds pour le financer. EUCD.INFO publia un texte intitulé « Le DADVSI et le logiciel libre : la quadrature du cercle ». L’activité de ce groupe cessa peu après l’adoption et l’entrée en application de la loi, et un autre collectif fut fondé, prenant son nom du titre du texte d’EUCD.INFO : La Quadrature du Net. Ce collectif prit dès le départ pour but de tenter de faire barrage à l’avalanche de textes législatifs liberticides qui se succèdent depuis 2001/2002. Et puisque ces textes sont soutenus par un certain nombre de groupes de pression (industrie du disque et du cinéma, etc.), le collectif décida d’appliquer les mêmes méthodes et de devenir un groupe de pression citoyen : tour-à-tour cellule de veille et de vigilance scrutant les moindres faits et gestes des élus ou bureau d’analyse des textes de lois et des communiqués officiels, le collectif appelle en outre les citoyens à faire pression sur leurs élus afin d’influencer leurs votes.

Ce type de structure pose trois problèmes majeurs. D’abord, l’activité d’un groupe de pression est difficilement compatible avec un fonctionnement démocratique. Même dans le cadre de la vigilance citoyenne, le risque de dérive est très important, surtout sur le long terme. Ensuite, les soutiens politiques reçus peuvent varier du tout au tout au gré des élections et des textes législatifs : ces collectifs sont donc condamnés à n’être que des « girouettes » politiques, instables, et auxquelles on peut difficilement se fier.
Enfin, ce type d’organisation n’a, par définition, ni programme politique ni inspiration idéologique claire. Elles suivent une stratégie de rustine à court terme, sans le moindre plan à long terme. Il est cependant certain que sur des dossiers précis, un groupe de pression citoyen bien organisé, doté de relais médiatiques fiables et d’un peu de soutien politique peut réussir de jolis coups d’éclat, et remporter des batailles – c’est d’ailleurs pour cette raison qu’il ne faut surtout pas dénigrer le travail des personnes impliquées. Ce type d’action peut très bien convenir à des hackers modérés peu intéressés par l’idéologie libertaire majoritaire au sein du mouvement, mais le fait de n’être dans aucun camp et dans tous les camps à la fois en rebute plus d’un, qui aimeraient pouvoir clairement revendiquer leurs positions. Quoi qu’il en soit, les quelques barouds d’honneur réalisés par ces collectifs ne doivent surtout pas être pris pour de vraies victoires historiques : l’histoire ne retient, on le sait, que les bouleversements idéologiques, et le souvenir des petites secousses institutionnelles passe avec les gouvernements.

Il est inutile de s’attarder sur les groupes, associations ou partis revendiquant l’identité « pirate », car ils refusent ainsi explicitement l’identité hacker. Leur néant idéologique ne doit être ni excusé ni soutenu : leur non-combat n’est pas celui des hackers.

III – DegenereScience

« Aux Français qui se demandent comment éviter Big Brother, nous devons dire la vérité : nous sommes déjà dans une société Big Brother. La seule question qui tienne encore aujourd’hui, c’est savoir comment on va vivre avec. »
Alex Türk, Sénateur du Nord, Président de la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés, juillet 2005

« La visibilité est à fuir. Mais une force qui s’agrège dans l’ombre ne peut l’esquiver à jamais. Il s’agit de repousser notre apparition en tant que force jusqu’au moment opportun. Car plus tard la visibilité nous trouve, plus forts elle nous trouve. Et une fois entré dans la visibilité, notre temps est compté. Soit nous sommes en état de pulvériser son règne à brève échéance, soit c’est lui qui sans tarder nous écrase. »
Comité Invisible du Parti Imaginaire, L’Insurrection qui vient, 2007

Dans son célèbre roman 1984, George Orwell expose l’un des plus tenaces épouvantails du XXe siècle : Big Brother. De son point de vue Anglo-Saxon, Britannique de surcroît, cloué sur son lit de mort, tout espoir ayant quitté son corps et son esprit, l’auteur entend dénoncer le totalitarisme Communiste en décrivant froidement la pire machine étatique jamais imaginée. De nos jours, cet épouvantail n’a évidemment rien perdu de sa vigueur ; il continue d’alimenter la paranoïa ambiante, et donc de distraire les esprits. Car non, évidemment, la France n’a rien à voir avec la Russie Soviétique, pas plus qu’avec le Royaume-Uni. Cette évidence, l’État Français l’a tout-de-suite intégrée : on peut faire passer toutes les restrictions aux libertés individuelles que l’on veut, tant qu’on n’agit pas comme le ferait l’épouvantail Big Brother.

La République Française, aux origines latines (c’est-à-dire fondée sur les préceptes de la Rome antique), est essentiellement basée sur l’idée que l’État doit servir de tampon entre les individus : l’un de ses rôles premiers, régaliens, est de policer les relations entre les individus. Le fameux slogan républicain « La liberté des uns s’arrête là où commence cette les autres. » signifie que l’État prive l’individu de certaines libertés, notamment celles qui pourraient mener un individu à en blesser un autre, au propre comme au figuré. Et c’est ainsi qu’en France, contrairement au monde Anglo-Saxon qui considère que dire des bêtises est un droit inaliénable, il est interdit de formuler certains propos qui pourraient offenser telle ou telle catégorie d’individus. La France, nation des Droits de l’Homme, s’est habituée à vivre sous le régime de l’omniprésente censure d’État. Quand elle ne frappe pas tel historien nostalgique du Reich, elle frappe un rappeur misogyne ou une romancière féministe qui s’essaie au cinéma. La France s’indigne au rythme des scandales qui se succèdent ; la censure est, elle aussi, devenue une partie du Spectacle. Le CSA veille, les Français dorment.

Il y a, cependant, une grosse épine dans le pied de l’État, douleur lancinante qui persiste depuis plusieurs décennies déjà. Car, en effet, Internet représente l’écrasante victoire du modèle Anglo-Saxon, où l’on peut tout dire, tout raconter, tout écouter, tout entendre, tout voir, tout savoir, sans restriction, sans limite, protégé par plusieurs siècles de tradition de liberté d’expression posée sur un socle constitutionnel stable, difficile à remettre en question. À ce modèle étatique de liberté d’expression, la technologie ajoute la fin des barrières géographiques et la quasi-disparition des délais de transmission. Elle ajoute l’impossibilité d’une altération a priori des propos, soit l’impossibilité du contrôle de l’expression individuelle. Le rêve des Pères Fondateurs, réalisé par une poignée de scientifiques influencés par la contre-culture.

Face à l’inexorable avancée de la liberté d’expression, les systèmes étatiques basés sur l’abolition partielle ou totale des libertés individuelles n’ont que deux choix : évoluer ou périr. La France ne fait pas exception, elle le sait depuis longtemps ; elle a, malgré tout, choisi de ne pas évoluer, et d’essayer d’inverser la tendance, tant bien que mal : censure accrue, mesures liberticides appliquées au nom de la sécurité des individus, retour en force de l’ordre moral, fichage généralisé, et filtrage des réseaux de communication. La France espère gagner une bataille idéologique qu’elle a manifestement déjà perdu. Pionnière des idéologies libérales depuis le Siècle des Lumières, mais incapable de se remettre en question, elle n’est aujourd’hui plus que l’ombre d’elle-même. Les autres nations n’attendent plus rien d’elle, et les Français non plus.

Nous pourrions, bien sûr, continuer à refuser d’engager le débat de fond qui s’impose, à refuser de changer de cap, et continuer de traiter les symptômes au lieu de traiter le mal. Mais nous pensons qu’une réflexion sur le long terme, basée sur plusieurs décennies de contre-culture hacker, peut provoquer la remise en question nécessaire à l’évolution dont la France a besoin, dont l’humanité toute entière a besoin. La contre-culture hacker est suffisamment mûre et suffisamment universelle pour proposer des réponses à toutes sortes de problématiques concrètes, et surtout participer au débat public des grandes questions de société, bien au-delà des simples questions scientifiques et technologiques. La contre-culture hacker peut servir de base à une réflexion globale, à la fois théorique et concrète. Elle est l’outil dont nous comptons désormais nous servir au grand jour, au lieu de rester dans l’ombre.

À dater de ce jour, nous serons les ennemis déclarés de l’idéologie liberticide ambiante.

À dater de ce jour, nous informerons sans relâche les individus sur le fonctionnement de l’État Français, son idéologie, et les méthodes qu’il emploie pour maintenir le statu quo.
Nous refuserons la violence, car elle ne saurait être nécessaire alors que nous maitrisons tous les maillons de la chaine de l’information. Les différents organes de « défense » de l’État peuvent aisément briser n’importe quel individu ; nous le savons et l’assumons, car nous savons également que l’État ne pourra jamais briser une idée juste.
Nous formerons et informerons tout individu ou groupe souhaitant se tenir à l’écart de la surveillance d’État, ou simplement obtenir un certain niveau d’indépendance technologique et/ou idéologique.

Le champ d’application de notre organisation étant potentiellement très vaste, nous souhaitons vivement travailler en collaboration avec tout individu ou groupe qui œuvrerait dans un domaine précis et spécialisé en suivant une idéologie compatible avec la nôtre. Nous ne souhaitons pas saper le travail des groupes, collectifs associations ou hacker spaces existants, et nous serions honorés de travailler en commun avec ces organisations.

De manière générale, nous formerons, informerons et conseillerons tout groupe ou mouvement politique et/ou idéologique, et ce tant qu’il n’est pas opposé au principe fondamental de liberté de circulation de l’information.

Nous invitons toute personne ou groupe pensant être concerné par ce présent manifeste à nous contacter, quelque soit le moyen. Nous invitons tous les hackers, quelque soient leurs tendances ou leurs opinions, à nous rejoindre. Il manquait à la France une organisation hacker, militante, responsable et représentative de la diversité des courants de pensée de la contre-culture, elle existe désormais.

POUR LA LIBERTÉ DE CIRCULATION DE L’INFORMATION
CONTRE LA BANALISATION DES PRIVATIONS DE LIBERTÉ

DegenereScience, août 2009

Document original : http://www.dg-sc.org/Manifeste.pdf

fév 08
2010

Contrairement à l’idée reçue généralement établie, il est très simple d’assister aux débats de l’Assemblée nationale. Le passage en hémicycle de la LOPPSI est une bonne occasion de s’y rendre et de voir soi-même ce qu'il se passe réellement derrière la caméra. Cela aide également sérieusement à signifier aux députés par votre présence que le débat vous importe. Au point culminant des débats HADOPI ce sont ainsi pas moins de 200 personnes qui observaient depuis les tribunes une cinquantaine de dépuités en contrebas.

Pour cela, il suffit tout d’abord de repérer son député sur le site de l’Assemblée et de le contacter, par e-mail ou plus directement en téléphonant à sa permanence où l’un de ses assistants parlementaires vous répondra. Le numéro de téléphone est généralement disponible sur la fiche de chaque député ; dans le cas contraire vous pourrez le retrouver sur le wiki de la Quadrature du Net.

Demandez tout simplement un billet de séance pour chaque journée qui vous intéresse (attention un billet est valable pour toutes les séances de la journée à l’exception des questions au gouvernement du mardi et du mercredi à 15h, si vous souhaitez également assister à ces séances généralement très fréquentées, veillez à demander également le billet associé).

Vous pourrez ensuite vous rendre au Quai d’Orsay à l’entrée publique de l’Assemblée muni d’une pièce d’identité et d’un haut à manches longues ; vos billets de séance vous attendront à votre nom dans une enveloppe et vous n’aurez plus qu’à passer la sécurité comme à l’aéroport.

La programmation des débats sur la LOPPSI est la suivante :

Mardi 9 Février
après-midi :  17h -> 20h
soir : 21h30 -> ??? *

Mercredi 10 Février
après-midi : 16h -> 20h
soir : 21h30 -> ??? *

Jeudi 11 Février
matin : 9h30 -> 12h30 ?
après-midi : 15h -> 20h
soir : 21h30 -> ??? *

Vendredi 12 Février ?

* Les débats du soir peuvent courir jusque parfois 4h du matin, mais l’on peut estimer que ceux de mardi et mercredi soir finiront probablement plus tôt, aux alentours de minuit.

Il est interdit de parler et de montrer tout signe d’approbation ou de dénégation depuis les tribunes publiques pendant les débats. De plus, vous devrez laisser au vestiaire tout appareil électronique et tout document autre que les documents officiels de l’Assemblée Nationale (texte de loi, amendements, feuille jaune présentant le programme des discussions, trombinoscope, …).
En attendant, vous pouvez lire en contexte et commenter le projet de loi dans le module Simplifions la loi de NosDéputés.fr.

Enfin, vous pouvez, et devriez, prendre du papier et un crayon. Prendre des notes vous permettra de garder une trace de vos observations afin de pouvoir les relayer ensuite sur le site.

Pour ceux ne pouvant malheureusement pas se déplacer, il reste toujours les débats en direct depuis le site de l’Assemblée nationale.

(ce texte est une copie d'un mail de Benjamin Ooghe-Tabanou reçu sur la mailing-list de la Quadrature)

jan 15
2010

Le Modem a publié mi décembre un programme, issu du congrès d'Arras. On peut y trouver un volet NTIC favorable au logiciel libre, à la neutralité du réseau et à la licence globale.  Extrait :

2-4 Prendre part à la révolution numérique

Internet constitue une révolution du même ordre que l’invention de l’imprimerie il y a cinq siècles. Ce moyen d’expression donne librement la parole à tout citoyen et accès à une multitude de sources d’informations complémentaires. Internet constitue un des derniers lieux de débats ouverts et contribue à l’épanouissement de la démocratie et de l’intelligence collective.

Le concept de neutralité du réseau doit être reconnu comme un pré-requis indispensable au développement des technologies et au maintien de la liberté d’expression. Toute forme de censure du réseau doit être rendue publique et validée par une autorité judiciaire. Les moyens doivent être mis sur l’identification des auteurs des méfaits et non pas sur une illusoire mesure de protection par un filtrage facilement contourné.

La réponse au problème des droits d’auteur sur internet tient en trois points complémentaires développement et multiplicité des offres légales, un système au forfait illimité de type “licence globale” permettant la traçabilité des oeuvres pour tendre à une juste rétribution des ayants-droits et enfin un secteur non marchand pour la promotion des artistes qui le souhaitent (partiellement interdit en France) et la diffusion des oeuvres libres de droits. Nous soutenons le système français du droit d’auteur.

La construction et l’accès à un réseau ouvert et à Très-Haut Débit est un vecteur du droit d’expression, d’accès à la culture, à de nombreux services publics et privés, au travail à distance, à l’aide au maintien à domicile, d’émancipation pour les personnes handicapées et au regain des activités locales. Les pouvoirs publics doivent encadrer et investir de manière coordonnée dans le déploiement de cet outil majeur d’aménagement sur tout le territoire, qui devrait être basé sur la fibre optique, cette dernière offrant un débit virtuellement illimité. De la même façon, le marché du logiciel libre et interopérable est générateur d’emplois et services à haute valeur ajoutée, innovants, peu polluants et non délocalisables sur tout le territoire, surtout par des PME d’un type nouveau : les Sociétés de Services en Logiciels Libres (SS2L).

Concernant les technologies de contrôle de l’individu et de l’internet, il est par exemple essentiel de faire émerger des nouveaux droits fondamentaux, tels que le droit à l’oubli, d’autant qu’en matière de fichiers, le danger ne vient pas uniquement de l’Etat ; n’oublions pas que des entreprises privées (les réseaux sociaux, par exemple) détiennent des masses d’informations considérables sur les individus et que ces derniers n’ont plus de contrôle sur ces informations… A cet égard, le danger est réel et il appartient aux responsables politiques d’intervenir. Il est nécessaire que les citoyens puissent savoir où ils en sont en matière de fichiers, qu’il s’agisse de fichiers commerciaux ou étatiques, dont la masse est considérable.

jan 14
2010

Lawrence Lessig a dit :

We can't kill the instinct of technologie, we can only criminalyse it. We can't stop our children of using it, we can only drive them underground. We cant' make our kids passive again, we can only make them "pirates". Is that good ? We leave in a wird time called age of prohibitions. We leave constantly again the law and it's what we are doing to our kids : they live life knowing they are against the law. That's realisation is extraodinary corrosive, it's extraordinary corrupting. In a democraty we have to do better.

Nous ne pouvons tuer l'instinct technologique, nous ne pouvons que le criminaliser. Nous ne pouvons empêcher nos enfants de l'utiliser, nous ne pouvons que les pousser à se cacher. Nous ne pouvons pas rendre nos enfants passifs à nouveau, nous ne pouvont qu'en faire des pirates. Est-ce une bonne chose ? Nous vivons dans un triste temps des interdits. Nous vivons constamment en infraction avec les lois et c'est ce que nous transmettons à nos enfants : ils vivent leur vie en sachant qu'ils sont en infraction. C'est extrêmement corrosif, c'est extrêmement corrupteur. En démocratie nous devons faire mieux.

oct 30
2009

Voici donc le graal présenté au Fouquet's pour les absents : La Bataille Hadopi.pdf ... créé par Adobe InDesign CS3 sous Windows ???

Licence Art Libre & Creative Commons BY-SA
InLibroVeritas, 2009
ISBN : 978-2-35922-017-9

En application de la Licence Art Libre ou la Creative Commons BY-SA, il est autorisé de
reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, tant qu’il
est fait mention des auteurs, de l’éditeur et des présentes licences.

la bataille hadopi
sept 15
2009

Monsieur le député Xxx,

Si je vous contacte aujourd'hui, c'est parce qu'il s'agit d'un tournant important pour la liberté d'expression en France. Je veux parler d'Internet.

Internet constitue aujourd'hui le refuge de la liberté d'expression des citoyens. L'endroit où communiquer, échanger, publier est possible sans censure et avec de faibles moyens financiers et techniques. Une opportunité jamais acquise auparavant, un véritable bond en avant de la démocratie.

Au XXème siècle, le savoir était organisé de façon verticale. Les médias de masse (journaux, radios,  tvs, maisons de disque) diffusaient et les citoyens écoutaient, ou pas, sans moyen de participer.

Avec Internet, chacun peut désormais participer. Wikipedia est une bible de savoir accessible à tous, les blogs permettent de s'informer en dehors de la ligne éditoriale des JTs, on peut même suivre les travaux de nos députés par http://www.nosdeputes.fr/

Or que voit-on fleurir à l'horizon? Une loi qui traquerait les actions de chaque internaute et pourrait l'éjecter de la sphère de liberté d'expression et d'information sur de faux prétextes !

Car convenons-en :
1. Il existe de multiples moyens pour communiquer de manière secrète (ex chiffrement des cartes bleues). Le secret des communications est nécessaire aux informations privées de multiples ordres si bien que les échanges de fichiers illégaux vont utiliser ces techniques et que la présente loi ne pourra rien contre ces échanges indétectables. Il n'y a donc pas de raisons que les jeunes qui téléchargent depuis 10 ans maintenant (arrivée de Napster) aillent acheter la discographie des Beatles pour un prix à 3 chiffres en euros...
2. Il n'y a pas de sites pédophiles sur Internet (du moins de manière visible). En 10 ans d'Internet je ne suis jamais tombé dessus par hasard et même en cherchant un peu, je vous met au défit d'en trouver. C'est un faux débat.
De plus, les parents peuvent très bien installer un filtre parental sur leur connexion si ils souhaitent restreindre l'internet pour les plus jeunes. (C'est contournable techniquement, c'est pour cela que ça ne marchera plus après 15 ans je pense)
3. La "loi HADOPI"  pur Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (de quels droits s'agit-il içi....?) met en place une responsabilité du titulaire de l'abonnement Internet. Or vous le savez, Internet est accessible de partout : wifi dans la rue, dans les gares, dans les écoles, les restaurant, au bureau, sur son téléphone, chez des amis, etc... si bien que responsabiliser la personne qui offre l'accès internet est une ineptie car celui-ci aura bien du mal à contrôler "à priori" l'usage qui va être fait de sa connexion. De plus cela va contre l'esprit de partage et de vie privée car l'on se voit mal surveiller les communications privées de ses enfants ou ses proches utilisant l'accès Internet de la maison.
4. Car si une faute est commise, c'est la déconnexion pour plusieurs mois ! Cela fait bien rire les ados qui se connecteront à Internet par un autre relai wifi ou leur portable. Mais c'est bien plus grave pour une entreprise ou un accès familial.
5. Enfin, Internet mais l'informatique de manière sous-jacente, révolutionne le principe du partage. Autrefois lorsque vous donniez un livre, un CD, une vidéo, vous étiez dépossédé, ce n'est plus le cas avec l'informatique. Vous pouvez faire une copie parfaite et garder l'original pour un coût quasi nul. Toutes les approches allant contre la technique ont échouées. La loi DADVSI disait pouvoir reproduire la rareté du matériel dans l'économie du numérique (par des DRMs) mais ce fut un échec cuisant. Toutes les industries ont abandonné l'idée après l'avoir soutenue mordicus.
Il est temps de construire une économie qui se plie au règles de la technologie numérique et non de vouloir brider le numérique afin de la faire rentrer dans le moule de l'économie de la rareté matérielle. Des réflexions sur la taxe des fournisseurs d'accès sont en cours... mais cela doit s'accompagner du droit à la copie numérique, ce que combat la loi Création et Internet.

C'est pour toutes ces raisons que je vous conjure de voter contre cette loi demain. Les enfants d'aujourd'hui, nés dans l'ère numérique, attendent de nous de prendre des initiatives pour leur avenir. La loi Création et Internet avance vers un société de surveillance généralisée et ne résoud aucunement le problème posé à son fondement (quels revenus pour la culture à l'ère du numérique?). Le premier pays au monde à légaliser le partage des oeuvres numériques bénéficiera d'une aura culturelle retentissante dans le monde entier. J'espère que la France sera ce pays d'avant garde et qu'elle trouvera le moyen approprié d'accompagner la genèse de l'économie numérique et non la combattre tel un Don Quichotte.

Veuillez agréer, Monsieur le député, l'expression de mes respectueuses salutations.

sept 09
2009

La contribution créative exprimée par Philippe Aigrain dans son livre (libre) Internet et Création reprend l'idée d'une licence globale pour régler le problème du financement de l'industrie musicale et par là même le piratage sur Internet.

Plutôt "pour" de prime abord (il faut dire que cette solution a le mérite d'en finir l'intrusion dans la vie privée et le muselage de la libre expression de la loi Création et Internet tout en apportant un financement crédible., j'émet désormais de nombreuses réserves suite à ma lecture du livre.

Pour résumer brièvement la contribution créative avancée par ce livre, il s'agit d'un prélèvement obligatoire et dont le montant est fixe lié que chaque internaute devra payer (à travers le coût de son abonnement). Il s'agirait d'un montant entre 2 et 5€ par mois. Cet argent serait ensuite redistribué aux artistes et à la filière musicale sur la base de statistiques effectuées sur les listes d'écoute publiées par les internautes.

Premièrement, la contribution créative ne s'intéresse qu'à la musique. Le cinéma, les logiciels, les livres, les photos, bref... tout le reste du champ des biens numérisables (et pas seulement les oeuvres artistiques) est écarté de la réflexion. Espère-t-on pouvoir règlementer différement les échanges de bits "de livre" des échanges de bits "musicaux"? Ou ce type de financement est voué à être élargi à chaque secteur subissant les échanges numériques non commerciaux? Dans le cas présent où le montant de le montant de la contribution par abonné à Internet est fixe et obligatoire, gare à la facture...

Deuxièment, la rémunération produite par une oeuvre dépend directement du nombre d'écoutes de celle-ci par les internautes. N'est il pas choquant d'estimer la valeur d'une oeuvre à sa popularité ? Ceux qui gagneraient le plus seraient les auteurs de musique de supermarché et d'ascenceur où  la musique tourne 24/24... On comprend aussi pourquoi on ne peut pas transposer ce système aux logiciels où l'on paierait en fonction du nombre de démarrages du logiciel :D

Le mécénat global, porté par Fancis Muguet et Richard Stallman, permet de redistribuer les contributions de manière plus déterministe. Chaque utilisateur du système peut influer sur la distribution de sa contribution à hauteur de 15% de son montant. Il est même possible de déléguer ce choix à une tierce personne ou société. Autre particularité judicieuse, les auteurs les mieux rémunérés devront partager une partie de leur bénéfice avec le reste des auteurs afin de ne pas trop déséquilibrer les revenus. On a parfois l'impression de réinventer le modèle des contributions sociales déja en vigueur dans nos sociétés.

Troisièmement, le livre ne remet pas en cause le droit de l'auteur à contrôler la diffusion et l'usage de ses oeuvres. Il cite pour exemple les licences Creative Commons qui permettent de restreindre les usages possibles des oeuvres. Je pense par exemple aux clauses "Non Derivative" ou "By". Je ne vois pas par quel miracle ces limitations d'usage ne seraient pas bafouées par les internautes au même titre que l'interdiction à la copie décrite dans les licences classiques.
De mon point de vue, les licences "ouvertes" type GPL fonctionnent car il est facile d'identifier et d'attaquer en justice les sociétés commerciales qui en bravent les queslques restrictions. Elles ont pignon sur rue dès lors qu'elle en font du commerce. A l'inverse, identifier et et attaquer des particuliers anonymes pour faire respecter les licences est un vrai casse tête, d'où la création de l'HADOPI pour traquer ces anonymes...

Quatrièmement, Aigrain soutient que l'auteur devrait pouvoir conserver le contrôle de la chronologie de la sortie publique de sont oeuvre. C'est à dire, interdire de filmer les concerts live et les projections en cinéma pour ne pas gêner les ventes de DVDs. Or le gros du piratage se fait actuellement sur des oeuvres encore non sorties officiellement en DVD... Cela semble donc une vaine prière.

Après les critiques, j'avance quelques idées.
Le but in fine du système auquel nous réfléchissons consiste à développer la qualité et la diversité des "oeuvres numériques" humaines.
Il ne parait pas envisageable de suivre l'utilisation des fichiers sans rentrer dans la vie privée et le fichage des usages des citoyens.
Dès lors plutôt que de "payer à la consommation" des oeuvres, pourquoi ne "contribuer à la fabrication" des ces oeuvres. C'est le schema utilisé dans le logiciel libre où l'on donne du temps et de l'argent pour élaborer un logiciel et non pour l'utiliser.

Il s'opère alors un changement de modèle économique qui financera les outils (formation, studios, outils, logiciels, instruments, scènes, etc...) qui permettront aux auteurs de créer et vivre. Un système de liberté où les mots "consommation", "propriété intellectuelle" n'ont pas de sens. Un système où "l'argent rapide" n'a pas cours.
Une contribution supplémentaire et directe des fans des artistes permettrait d'en élever quelques uns et financer par exemple de grandes tournées.

août 05
2009

1579368037283_7b8f0ffca4_oLa loi HADOPI 2 faisait le sujet de l'émission Le téléphone sonne sur France Inter du 22 juillet 2009.

Je me permet de la rediffuser sur le net : France Inter - Le Telephone Sonne - HADOPI 2.ogg (format Ogg Vorbis)

Etaient présents pour débattre :

  • Michel Thiollière, sénateur UMP, rapporteur du projet de loi Hadopi au Sénat
  • Patrick Bloche, député PS, responsable du groupe socialiste à l’Assemblée nationale sur le projet de loi création et internet,
  • Jérémie Zimmerman, président de l’association La Quadrature du Net,
  • Bernard Miyet, Président du directoire de la Sacem,
  • Philippe Couderc, Président de la Fédération des éditeurs et producteurs phonographiques d’Aquitaine (Feppia) et membre fondateur de CD1D (une fédération de 100 labels indépendants),
  • Rubin Steiner, artiste.
août 01
2009
Les Big Brother Awards France, qui décernent depuis l’an 2000, des « Prix Orwell » à celles et ceux qui se sont illustrés en matière de promotion de la surveillance, d’atteintes aux libertés ou à la vie privée, ont distingué cette année une mention spéciale au porte-parole de l’ump, Frédéric Lefebvre “pour son incompétence et son insistance à vouloir contrôler internet par le biais du CSA, ses arguments iniques pour soutenir la loi Hadopi, pour vouloir traquer la délinquance dans les maternités, et bien d’autres choses…”.
juil 26
2009

Dans un article paru sur son blog Internet, la rapporteuse de la loi HADOPI 1,  Muriel Marland-Militello voudrait réguler Internet parce que..... parce que....  les majors ont loupé le train d'Internet (pas assez convaincant au vu des débats à l'Assemblée), c'est rempli de pédophiles (zut, MAM me l'a piqué pour la LOPPSI 2), mais euh....le proxénétisme c'est mal !

proxenetisme_marland-militello

Bref, c'est décidément une idée fixe et l'on cherche toujours le pourquoi et le comment...

"J’appelle à une régulation globale de l’Internet à l’échelle nationale, européenne et mondiale, pour que le merveilleux outil internet ne soit pas contourné et devienne une réelle menace pour nos compatriotes. Etre moderne c’est mener une lutte sans merci contre toutes les dérives mettant la puissance d’Internet au service du mal et de l’illégalité ! "

MMM s'octroie la régence d'Internet et voudrait réguler un simple outil d'expression humaine. Et pourquoi ne pas commencer par réguler la finalité de l'encre et des feuilles vierges tant qu'on y est ? Ca ferait penser à de sombres régimes peut être...

Les Révo­lu­tion­nai­res l’ont dit il y a 220 ans :

La libre com­mu­ni­ca­tion des pen­sées et des opi­nions est un des droits les plus pré­cieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc par­ler, écrire, impri­mer libre­ment, sauf à répon­dre de l’abus de cette liberté, dans les cas déter­mi­nés par la Loi.

Ils l’ont écrit à une épo­que où tout texte, pour paraî­tre et être repré­senté publi­que­ment, devait au préa­la­ble être approuvé par le Roi. C’est cette auto­ri­sa­tion qui s’appe­lait la Cen­sure. Et c’est exac­te­ment cela que ce com­por­te­ment vise à réta­blir.

Le proxénétisme n'a rien à voir avec Internet. Donc cessez de l'accuser de maux qui prennent leur sources et leur sens spécifiquement en dehors du Net. Les proxénètes sont arrêtés, comme vous le montrez, sur le Net comme ailleurs grâce à des lois qui existent déja.