Le calendrier de référence des marronniers du journalisme

Janvier :

  • 1 : Bonne année en France, feux d’artifice autour du monde pour fêter la nouvelle année. Reportages à Strasbourg où le réveillon a été fêté en allumant des feux à la gloire des voitures. Satisfaction du ministère de l’Intérieur malgré un nombre constant de bagnoles cramées et autant de travailleurs plongés dans la merde.
  • Début janvier : soldes d’hiver, forcément catastrophiques pour les départements limitrophes.
  • Envoyés spéciaux dans les magasins : budget moyen du client des soldes, « Vous étiez là à l’ouverture, racontez-nous le moment où vous êtes passé sous le rideau de fer en rampant pour courir au rayon « micro-ondes » et vous jeter sur celui avec une étiquette de prix proclamant « 39,99€ SOLDES 29,99€ » ? », marronnier sur les dates d’ouverture des magasins et les soldes qui se font aussi en ligne.
  • Début janvier toujours : le tabou des cadeaux qui ne plaisent pas tombe, certains français n’hésitent plus à se tourner vers le sites web pour revendre les cadeaux trop grands, pas à leur goût ou qu’ils ont déjà en double. 46% des personnes interrogées dans l’Hexagone se déclarent prêtes à le faire, mais seules 36% l’ont déjà fait pour un cendrier en terre cuite et une cravate offerte par belle maman.
  • Deuxième week-end de l’année : Épiphanie, galettes des rois, et recettes à base de fonds de poche de chemise pour faire la frangipane.
  • Courant du mois : le praÿsidan fait le tour de la France pour présenter ses vœux à tous les corps de métier.

Février :

  • 2 : Chandeleur avec Mme Gwenn Hadu habitant à Plouguidougue dans le Finistère d’Armor pour sa technique de lancer de crêpes.
  • 14 : Saint-Valentin
  • Mi-février : Vacances scolaires, reportages sur la famille Chombier qui a mis trois plombes à rejoindre sa station d’hiver bétonnée, ou bien sur une autre station familiale à dimension humaine avec autant de neige que de jeux Nintendo 3DS au lancement de la console.
  • Si le temps le permet : envoi de journalistes qui risquent un arrêt maladie dans des milieux paumés recouverts par 50 cm de neige.

Mars :

  • Premier mardi : Mardi Gras avec le petit village de Fussoire-sur-Seine qui fête carnaval, images du carnaval de Nice. Images de Rio et Venise sur France 2 uniquement.
  • Premier dimanche : fête des grands-mères avec l’école de Fussoire-sur-Seine qui fait des œuvres d’art en grains de café.
  • Fin de la trêve hivernale, reportage sur cette famille expulsée suite à une course en avant de crédits à la consommation.
  • 21 : le printemps §§§
  • Si le temps le permet : omg des giboulées, vite invitons l’animateur qui présente la météo pour qu’il nous explique ce merdier.

Avril :

  • 1 : le faux reportage crédible qui fait marrer les gens, ouarf ouarf.
  • Mi-avril : chassé-croisé sur les routes pour les derniers jours sur les stations de ski bien vertes.
  • Pâques : Bénédiction urbi et orbi du locataire de la place Saint-Pierre à Rome, chemin de croix effectué par ce même locataire pour montrer ô combien un hippie à sandales a souffert il y a 2011 ans.
  • Pâques bis : reportage sur les coulisses de la chocolaterie du meilleur ouvrier de France, un régal pour petits z’et grands.
  • Les zallergies, hè oui, le retour des graminés, ces particules qui incommodent plus de 50 millions de français.
  • Variable : Le gagnant de la super cagnotte du Loto. Plan sur une famille « travailleuse et courageuse pour qui ce fut la surprise », mômes tout sourire, parents qui jurent que « ça ne va rien changer ». Reportage en immersion dans le PMU « Le Diplomate », l’endroit où le billet a été enregistré. Interviews des clients avinés « Que feriez-vous avec cette somme ? » et comparaison du lot en années de SMIC pour donner une idée au Français moyen.

Mai :

  • 1 : Manifs syndicales avec FO qui joue solo, rassemblement du FN et Julien et Sophie, 7 et 8 ans, qui vendent du muguet dans la rue pour se faire un peu d’argent de poche, le premier de leur vie.
  • 8 : Vétérans de 39-45 qui rendent hommage à leurs collègues morts au front.
  • Du 2 au 12 : la Foire de Paris fait le plein pour ce grand rendez-vous annuel des amateurs, chineurs et dénicheurs de bonnes affaires ! Pas moins de 500 000 visiteurs, un chiffre en léger recul la faute à la crise, sont attendus dans les allées de la Porte de Versailles. Inventions de génie (notamment la paille à boire qui fait aussi sarbacane empoisonnée pour se débarrasser de la belle mère avec classe lors d’un cocktail), prix salons et gros rabais devraient ravir petits comme grands, lesquels ont raqué 12€ pour rentrer dans cette succursale de vendeurs de piscines et de balancelles.
  • Mi-mai : Cannes et ses films intellectuels prétentieux et chiants qu’on regarde moins que les célébrités qui montent des escaliers recouvert de moquette rouge. Sujets fon-da-men-taux en vrac : dans quel hôtel est descendu Brad Pitt, les « frasques » de Samy Naceri, hahaha, Canal +, toujours aussi décalé leur plateau avec des stars en habits de soirée qui sont tutoyées pour faire transgressif, les soirées de la croisette et ces yachts luxueux où les caméras ont réussi à se frayer un chemin pour entrer et vous donner un vague air de rot soufflé au champagne, de petits fours et de verrines payées par la prod’, le 1/4 d’heure sur « Mais vous savez, il n’y a pas que la Palme et le Festival Un Autre Regard, une autre cérémonie se tient actuellement, ce sont… les Hots d’Or ! Et nous y avons croisé Jack Lang ! »
  • Dernier dimanche : la fête des mamans avec l’école de Fussoire-sur-Seine qui se met en quatre pour préparer des colliers de nouilles à leur génitrice.
  • Lundi de Pentecôte : depuis peu, un marronnier sur les entreprises qui ne travaillent pas ce jour-là.
  • Entre Mars et Mai, il y a forcément un épisode de gros grain et il y a forcément un reportage sur Marcel Macarel, producteur de fruits ou légumes, qui a perdu toute sa récolte.

Juin :

  • Mi-Juin : première épreuve du bac avec la philosophie où les journalistes s’imaginent plein de trucs porno-érotiques comme quoi on formerait les lycéens à devenir de grands penseurs, alors qu’en fait, il s’agit d’argumenter son point de vue en recrachant les théories des autres. Micro-trottoirs débiles où l’on interroge des gens sur les sujets qui sont tombés, et qui ont évidemment tout oublié du programme de terminale. Les autres épreuves sont passées sous silence et c’est juste si on parle du br…, du brev… du quoi déjà ? Quelques chiffres sur le cadet, le doyen, le nombre de fraudeurs, le nombre de copies, le nombre de correcteurs, etc.
  • 21 : voilà l’été, préparation de la fête de la musique.
  • 22 : la fête de la musique c’était trop cool, regardez ce qu’on a fait partout en France, avec quelques faits divers de coma éthylique par-ci par-là.
  • 22 – 30 : la saison s’annonce mal, en témoigne un organisme objectif et pas du tout partisan, le Syndicat de l’hôtellerie ou « l’Alliance Nationale des Restaurateurs Saisonniers », peu de réservations, mauvais temps, gouvernement trop con qui a fait du mal aux petits commerçants avec sa dernière loi (voir marronniers de septembre).
  • 30 : le présentateur du JT annonce fièrement qu’il se casse pendant un mois et demi, laissant la place à un second couteau dont on aura oublié le nom et le visage d’ici le 20 août. C’est officiellement les vacances à la télé (durée: deux mois et demi, pas comme chez ces feignants de profs… ), avec des tonnes de best-of, de bétisiers, de redifs, et de non-informations lénifiantes ânonnées par des stagiaires. Si le 11 septembre avait eu lieu un 15 août, personne ne s’en serait aperçu.
  • Un classique des préparatifs de vacances : notre enquête sur la salubrité des nombreux restaurants de bords de plage. Produits stockés à température ambiante, poissons indéterminés dont la date est dépassée depuis deux ans, chef cuistot qui se gratte les couilles en pétrissant la pâte à pizzas. Heureusement des fonctionnaires de la DGCCRF veillent et sont là incognito, avec leur carte tricolore épinglée à la poche de la chemisette et leur air de ne pas être capables de traverser au rouge.

Juillet :

  • Début juillet : soldes d’été, forcément catastrophiques pour les départements frontaliers.
  • 1 : début des vacances d’été pour la famille Chombier et M. Renfermé, instituteur de l’école de Fussoire-sur-Seine part à la retraite. Son départ la fait fermer.
  • le même jour : Les bouchons sur les autoroutes, tout de suite on rejoint Christophe Duchaussoy à la barrière de péage de Saint Arnoult en Yvelines : Alors Christophe ? – Il y a du monde et 233 kilomètres de bouchons cumulés ! (O RLY? ). Marine Suspine est, elle, en direct de la gare Montparnasse (la Gare de Lyon n’a plus la cote ?) avec les chiffres de trafic (dont on se fout éperdument) et l’interview des blaireaux de service (sac à dos et large sourire niais pour informer le monde qu’ils ont pris une demi heure d’avance et que tout s’est bien passé dans le métro…) C’est officiel « Ce sont les grands départs » mais pas encore « Le grand chassé-croisé entre juilletistes et aoutiens ».
  • 2 : reportages sur diverses communes qui ont obtenu le drapeau bleu. Il est désormais possible de voir une commune paumée en plein dans les terres qui utilise un obscur système de filtrage en dreadlocks végétales dans un bassin de rétention quelconque et qui a donc sa piscine certifiée « développement durable » pour concurrencer les plages.
  • 3 : nouveauté 2012, les perles du BAC qui donnent lieu à des commentaires de haute volée sur l’affaiblissement permanent du « niveau », la réforme du BAC, l’institution que tout le monde aime mais voudrait changer. De sérieux doutes font surface quant à l’authenticité de ces perles sachant qu’elles visent des matières ou des programmes impossibles (par exemple, en Histoire, il n’y a pas d’épreuve sur des événements se déroulant avant 1945),
  • 4/5 : les résultats du bac et les filles hystériques qui braillent « Je l’ai, je l’ai §§§ » dans leur smartphone. Interview du plus jeune bachelier, du plus vieux, du plus grand, du plus petit, de celui qui a eu 21/20, etc…
  • 10 : (Au choix ou tout à la fois si la météo n’occupe pas 90% du JT) la galère des naufragés du rail. Désormais, une nuit dans un train en rade sans la clim’ équivaut à des actes de torture et de barbarie selon la Convention Européenne des Droits de l’Homme. Abou Grahib, à côté, c’est une sortie de scouts à la Mer de Sable. Le reportage devra donner la parole à des gens avec des gueules de déterrés aux yeux gonflés de fatigue qui disent « On n’a pas eu d’information, le ministre exige un rapport, bouteilles d’eau, plateau repas, etc… »

OU

  • Les clients du charter en faillite bloqués en plein désert du Bélouchistan septentrional (Que fait le gouvernement ??? Le consul de France ne fait rien, on est pris en otage…),

OU

  • Le déballage de l’auvent du camping car belge (dans les reportages français sur le camping, la présence d’au moins un Belge – à la rigueur un habitant du 59 ou du 62 – est statutaire), avec le directeur du camping sur sa voiturette électrique, qui explique que tout est surbooké (c’est le même qui, la semaine dernière, annonçait sa future inscription à Pôle-Emploi, faute de clients),
  • 14 : fête nationale avec les préparatifs de Fussoire-Sur-Seine qui « vont bon train », et des images de feux d’artifice d’autres villages paumées tels que Paris, Marseille, Lyon… Le bal des pompiers. Et les salauds qui ruinent tout le bel esprit en commettant des dégradations pendant la fête : 15 interpellations, 8 blessés légers,
  • 16 : préparatifs des supermarchés en ce qui concerne la rentrée scolaire. Prix des fournitures qui augmentent, ah là là ma bonne dame tout devient cher.
  • 19 : la polémique enfle autour des occupations de terrains privés/communaux par des communautés de gens du voyage. Plusieurs maires font part de leur indignation et menacent de démissionner si le Préfet ne leur envoie pas la Légion étrangère pour les virer à coups de FAMAS, « Force doit rester à la loi, ils n’ont pas à s’approprier le stade de foot municipal ni empêcher la tenue de la rencontre avec le FC Fussoire-sur-Seine. L’association de riverains créée pour l’occasion « confirme une recrudescence des vols, dégradations et incivilités », « On se sent plus chez nous ». De leur côté, par la voix de leur porte parole, les gens du voyage « déplorent le manque cruel d’aires d’accueil alors qu’une loi oblige les municipalités endettées à en prévoir une, il y a bien un terrain, mais il est près de la route, et trop bosselé pour nos caravanes ». L’opposition monte, elle, au créneau en dénonçant « un traitement inhumain, des propos scandaleux et des manquements graves aux Droits de l’Homme qui garantissent à chacun des toilettes et un terrain de foot ».
  • 21 : les fameux « festivals » de l’été, qui rassemblent tout le gratin de « la rue de Valois », le sourire crispé aux lèvres pour regarder des troupes de théâtre avec des nanas aux coupes d’orphelinat et des mecs avec des physiques de transfusés de 1985. Quatre heures de cris débités par des gens en pulls de prof d’histoire géo qui regardent un mur. Petit détour par le festival « Off » et la traditionnelle grève des intermittents qui bloque un rassemblement qui attire la foule dans ces villes où les hôteliers souffrent du manque à gagner.

Août :

  • 1er : C’est officiellement les « vacances bien méritées » pour le Gouvernement et les Parlementaires (qui sont crevés le reste de l’année à dormir dans l’hémicycle). Commence alors une série de reportages dont le but est d’éviter le « syndrôme de Michèle Alliot-Marie » et prévenir une « Jean-François Mattéite » aigüe : en pleine crise, le Ministre ne peut pas partir loin dans des décors paradisiaques quand le reste de la France se ramasse une fiscalité dopée et il doit être près de Paris pour pouvoir revenir en cas de souci au lieu de donner une interview depuis son jardin, bronzé caramel, en polo manches courtes, avec les mômes qui gueulent dans la piscine et la fumée du barbecue qui passe dans le champ. C’est donc la tournée des destinations et du programme des vacances de chacun : un tipi dans la Creuse pour le ministre du logement (des ministres normaux prenant des vacances normales ), la maison familiale à Cannes, près du peuple, pour la Ministre des affaires sociales et le traditionnel Fort de Brégançon pour le plus normal d’entre tous, mais le nouveau ne sera pas aperçu à poil, hihihi.
  • En parlant de vacances il y a encore des Françaises et des Français qui ne partent pas, hè oui, 1 sur 5 disent les statistiques. Reportage donc, à Fussoire-sur-Seine pour voir les ateliers mis en place par la Mairie, la MJC et Centre d’Action Local des Prêtres Ouvriers pour distraire les gamins désoeuvrés avant qu’ils n’incendient la salle polyvalente.
  • 15 : fêtes de la Mer un peu partout en France.
  • Semaine du 15 : pour les prolétaires restés à Vitry sur Seine ou pour ceux qui se font chier comme des rats séchés un soir d’août pluvieux, un « Enquête Esclusive » ou « Sens Interdit » sur « Les français en vacances » avec trois familles : des méga bourges à St Barth qui louvoient entre tennis, golf et boites de nuit huppaÿ, des gros beaufs en camping à Dunkerque, dans un truc qui sent la frite, les soirées à thème et le Ricard et une famille classique en VVF. Autre possibilité de reportage : « Les jeunes : étudiants l’année, travailleurs l’été » avec les petits boulots merdiques, « Notre équipe a suivi Jonathan et Déborah, l’un vendeur de glace chargé comme un break 504 Peugeot direction Marseille, à marcher 6 heures en plein cagnard pour être payé un coup de pied au cul et au lit, l’autre, serveuse dans un bar aux prix exorbitants, qui se veut « grand restaurant de poisson » alors que tout le monde a le mal de mer après avoir bouffé l’assiette de crevettes frites ».
  • 16 : Éternel débat sur l’allocation de rentrée scolaire.
  • Fin du mois : c’est l’occasion de voir le bronzage sur le présentateur du JT. Fin des vacances d’été pour la famille Chombier également.

Septembre :

  • Première semaine : rentrée des classes, avec les mômes qui découvrent l’école primaire (Et Kévin, 7 ans, se sent comme chez les grands), l’école maternelle (Avec des images de Marjorie, 3 ans, qui pleure à l’idée de quitter sa maman ) ou bien le collège (Et Brian, 12 ans, se croit adulte).
  • La traditionnelle « Grande braderie de Lille » : accourez m’sieurs dames, venez acheter les objets qui ont été cambriolés pendant cet été, les bons plans des « chineurs amateurs », ces bonnes affaires que vous loupez, plans dynamiques sur la montagne de coquilles de moules, le type tout sourire qui a acheté un vélo dans un état proche du neuf àpacher, la gourde qui se barre avec une lampe vieillotte pour remplir son pavillon, les faux bons plans type « J’habille mon enfant pour la rentrée à la grande braderie, c’est une solution à laquelle on a recours en ce contexte de rentrée difficile ».
  • Bilan de la saison des commerçants, vendeurs de glaces et de barrettes de gras sur les plages du Grau du Roi : finalement, c’est pas aussi naze qu’on le pensait (ce qui veut dire, en langage moins politiquement correct « On s’en est mis plein les fouilles » )
  • Tout augmente. Reportage chez Germaine, à Fussoire-sur-Seine, qui fait remplir la cuve à fioul de sa petite maison. « 3 centimes de plus par litre, ça représente une augmentation douloureuse dans le contexte de crise actuel, surtout pour les petites retraites. Mais en se regroupant avec plusieurs voisins dans la même situation et en négociant le tarif pour un plus gros volume, c’est une remise de pas moins de 1,5 centime qui a été consentie à Germaine. Une véritable bouffée d’oxygène pour ces habitants. » Autres solutions utopistes pour sortir de cette situation : reportage chez des gens qui ne se chauffent plus et chez des plein de fric qui ont fait installer un poêle à granulés de bois et refaire totalement l’isolation de leur maison en meulière, 200m² habitables déjà passée deux fois dans « Du côté de chez vous ».
  • Courant du mois : putain c’est cool cet été indien.

Octobre :

  • Tout le mois : Vendanges. Chez Pernal : les vendanges « à l’ancienne » à Fussoire sur Seine, reportage dans cette famille de viticulteurs de père en fils, plans de toute la famille, les pieds dans la cuve à piétiner du raisin aigre. Petit mot de la fin sur « Voilà une bien belle entreprise que n’auront pas les chinois qui rachètent tous les vignobles traditionnels ». Chez Lucet et consorts : « ces cépages qui ont la cote », le grand retour du bordelais/côtes du Rhône/Bourgogne, storytelling sur comment ce métier ancestral s’est modernisé avec l’arrivée des gadgets technologiques : le vieux au pif couperosé qui monitore la fermentation dans des cuves en alu depuis un smartphone qui a l’air tout petit dans ses gros doigts terreux. Les difficultés de trouver des vendangeurs, la faute à Hollande et à l’afflux des pays de l’est. Tiens, ça faisait longtemps : les vendanges, ce petit boulot d’étudiant qui met à l’honneur la camaraderie avinée et laisse tant de bons souvenirs et de chouettes tendinites.
  • Le 6 : le froid revient. L’occasion de lancer un marronnier qui dure la saison : se rappeler qu’il y a des gens qui dorment dans la rue. Reportages dans le bois de Vincennes, café fumant et nez qui coule d’un mec à la barbe hirsute mais pas trop, faut attirer la pitié. Interview d’un enfant de Don Quichotte, au choix : dans un bureau aux murs décrépis avec derrière, une affiche « LE COMBAT CONTINUE », ou dehors, avec en arrière plan, une distribution de matelas, de bouffe et de tentes. Historique des promesses politiques non tenues depuis Mitterrand. S’il ne se passe rien d’autre, l’historique va jusqu’à sortir des images de l’INA sur le bidonville de Nanterre pour montrer que « décidément, rien n’a changé ».
  • 31 : Halloween. Mais si, ce cadavre de fête imposée remue encore !

Novembre :

  • 1 : Toussaint, avec Mme Grincheuse qui va honorer la tombe de son mari à Fussoire-Sur-Seine, après un reportage sur le business des chrysanthèmes. Possibilité de fait divers concernant la profanation de tombes.
  • Première semaine : le Goncourt. Ce prix prestigieux, « faiseur de rois » en quelque sorte, qui va euh, « propulser » un ouvrage en tête de gondole et des ventes ! Reportages sur la vie d’ascète de l’auteur, son parcours pas formaté entre Khâgne et Sciences Pipo, les membres du jury, la difficulté à trouver un gagnant tellement tout est super génial dans la littérature française moderne.
  • 11 : Vétérans de 14-18 qui rendent hommage à leurs collègues morts au front. Enfin, en théorie, ils sont tous morts maintenant. Presque 100 ans hein.
  • Mi-Novembre : le Beaujolais Nouveau dont raffolent les Japonaises (サンテ !) et qui a un goût de tout et n’importe quoi, sauf de vin.
  • Mi-Novembre : après avoir copieusement picolé dégusté le mauvais Beaujolpif, c’est l’ouverture de la chasse, ce rituel annuel qui permet d’aller tirer sur des bêtes qui n’ont rien demandé mais qui rend le chasseur, Homme, en lui permettant de porter des slips en peaux de bêtes qu’il a abattues lui-même. Et aussi de « réguler la prolifération des espèces », comme on lui a dit de répéter à l’amicale des chasseurs de Fussoire-sur-Seine.

Décembre :

  • En cas de grand froid : le Secours Populaire qui vient en aide aux SDF qui se les gèlent, mais ces ingrats ne veulent pas venir au foyer conçu pour eux. Ils veulent pas voir d’autres personnes ou se faire piquer leurs affaires à ce qu’il paraît. Possibilité de manifestation des Don Quichotte. Envoi de journalistes qui risquent un arrêt maladie dans des milieux paumés recouverts par 50 cm de neige.
  • 6 : Reportage dans le ch’nord de la ch’France, où c’est ch’Saint-Nicolas qui distribue les friandises et où c’est le ch’Père Fouettard qui distribue des coups de fouet aux gniards.
  • 15 : Reportage sur le centre postal de Libourne où les employés doivent trier des lettres au Père Noël qui finiront de toutes façons au feu le 2 janvier suivant ; pas de place pour archiver de telles conneries, nan mais oh.
  • 17 : « Images spectaculaires de cette tempête de neige qui frappe toute la côte Est des Etats – Unis », vocabulaire limité à « totalement paralysé », « coupé du monde », « services de secours sur les dents », « pannes monumentales » sur fond d’images qui tournent avec des carambolages dantesques, des gens qui déblayent des rues, des groupes emmitouflés et le con qui sort torse nu pour troller le reporter en doudoune à capuche fourrée.
  • 23 : Images de Rovaniemi, en Finlande, où un figurant qui joue le Père Noël fait 150 mètres en traîneau, pour faire croire aux moutards que la distribution des jouets a commencé.
  • 24 : Les dernières courses. Ils ont des gueules blasées, pas d’idées, s’y sont pris au dernier moment, bref, ils galèrent à la queue de la FNAC, avec des cernes et des valoches sous les yeux, ont les bras chargés de cadeaux merdiques comme des cartes cadeau, des coffrets « Cours de cuisine, comme un chef !  » et super personnalisés.
  • 24 : Le repas du réveillon. Ce soir, les français se pètent la panse, dans un contexte de crise, ils mettent les petits plats dans les grands. Micro-trottoir + micro-commerçants : Alors, c’est quoi le menu ?
  • 25 : Nawël. Avec Kévin et Marjorie qui ouvrent leurs cadeaux que le Papa Noël leur a offert avec sa paye d’employé. Cette année, il a choisi des jouets incassables, c’est à dire pas encore démolis au Nouvel An.
  • 31 : Raÿvaÿon. Reportage sur les CRS qui quadrillent Strasbourg afin d’éviter des incendies de voitures. Satisfaction du ministère de l’Intérieur.
  • 31 : Raÿvaÿon ! Images de l’Australie, qui avec le décalage horaire est déjà l’année prochaine ! Tour des feux d’artifice à Melbourne, Sidney, Honk Kong et plan sur Times Square où la foule patiente dans la bonne humeur.

Mois flottant :

  • Ramadan : le grand coup d’envoi pour plus de ouatmiyards de croyants, traditionnel reportage chez le chef d’entreprise compréhensif qui accepte d’aménager les horaires pour ceux qui se lèvent pour bâfrer à 4 du mat’, micro-trottoir « C’est pas trop dur avec cette chaleur ? Ces gens qui mangent autour de vous ? », la petite phrase du FN sur la menace, le grand péril arabe etc.

Source : Hardware.fr

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BFM interroge un témoin qui n’a rien vu

Dimanche 31 août 2014 aux alentours de 8 heures, un immeuble s’est effondré à Rosny-sous-Bois (Banlieue Est de Paris). À cette occasion, la chaîne d’information BFM TV a pris un témoin de l’accident au téléphone. Il s’agit d’une femme qui habiterait juste en face de l’immeuble incriminé et qui aurait assisté à l’explosion de cet immeuble depuis sa fenêtre. Les deux journalistes, Dominique Mari et Sandra Gandoin, vont alors lui poser des questions. Mais pas de chance, cette habitante n’a rien vu ni entendu quelque chose à propos de cette catastrophe. En effet, elle réside à Neuilly-Plaisance, à plusieurs kilomètres de l’accident. Un grand moment de solitude qui s’est déroulé en direct.

BFM toujours à la pointe de l’info.
Via Spion

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