Sarkozy a t il été financé par le dictateur lybien?

Daté du 10 décembre 2006, un document signé par Moussa Koussa, l’un des plus proches collaborateurs de Kadhafi, chef de ses services secrets extérieurs, acte « l’accord de principe » conclu afin « d’appuyer la campagne électorale du candidat aux élections présidentielles Nicolas Sarkozy pour un montant d’une valeur de cinquante millions d’euros ».

Ce document vient de subir une expertise juridique en graphologie qui authentifie sa signature. Et paradoxalement, aucun média hormis Mediapart n’en parle hormis Liberation. Pourquoi?

Sur BFM, on voit des articles sur la remontée de Sarko dans les sondages pour la présidence de l’UMP (il y a encore du monde pour supporter un mec qui a dépensé plus que le montant de la campagne (et laissé l’UMP payer les frais) et en plus utilisé l’UMP pour payer ses meetings en douce (et laissé l’UMP payer une deuxième fois)). Mais bon, en face, le chauve a été condamné à l’inéligibilité pour des emplois fictifs à la mairie de Paris. Hahaha. Quelle horreur. Et dire que c’est la crème de nos politiciens? Ou c’est la compétition des pires?

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La mafia de l’UMP

Karachi

Édouard Balladur et François Léotard vont être la cible d’une enquête ouverte par la Cour de justice de la République (CJR) sur l’affaire dite de Karachi, pour leurs rôles en tant que respectivement premier ministre et ministre de la défense au début des années 90, rapporte lundi 23 juin l’AFP.

Cette décision fait suite à l’instruction des juges financiers Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire, qui enquêtent sur un possible financement de la campagne présidentielle d’Édouard Balladur en 1995 par des rétrocommissions, versées dans le cadre de contrats d’armement conclus avec le Pakistan et l’Arabie saoudite en 1994.

Six personnes ont déjà été renvoyées en correctionnelle dans le cadre du volet non ministériel de cette affaire : l’actuel patron de LVMH et ancien directeur de campagne d’Édouard Balladur, Nicolas Bazire, l’ex-ministre et ex-conseiller de François Léotard, Renaud Donnedieu de Vabres, et deux intermédiaires étant intervenus dans ces contrats, Ziad Takieddine et Abdul Rahman Al-Assir.

Concernant Édouard Balladur, les magistrats ont également décidé de se pencher sur d’éventuels détournements de fonds secrets de Matignon.

La caisse du groupe UMP à l’assemblée

Christian Jacob a indiqué que la réserve du groupe s’élevait à 6 millions d’euros à son arrivée en novembre 2010. Le député de Haute-Savoie, Bernard Accoyer, a confirmé quant à lui avoir laissé 10,6 millions d’euros de réserve à son départ, en juin 2007. Nul ne sait où sont passés les 4 millions manquants entre 2007 et 2010, époque durant laquelle le groupe était dirigé par Jean-François Copé.

Campagne présidentielle de 2012 de Sarkozy

La société Bygmalion, a surfacturé ses prestations à l’UMP, par l’émission de « fausses factures ». Car, en réalité, les prestations ne correspondaient pas à des événements organisés pour l’UMP mais à des dépenses de campagne de Nicolas Sarkozy.
Au total, ce sont 58 fausses factures s’élevant au total à 15 millions d’euros. – pour un total de 15 millions d’euros – que Bygmalion a adressées en 2012 à l’UMP pour l’organisation de réunions fictives.

fausse facture ump

On retrouve même des factures par Bygmalion de 3580€/mois pour l’hébergement du site web de l’UMP, alors sous-traitées à OVH pour 20€/mois.

Le but : payer secrètement le dépassement du compte de campagne du candidat Sarkozy. Cet argent a été utilisé pour payer la différence entre le prix déclaré et le coût réel des meetings de sarko organisés par Bygmalion bien sûr. (17 millions d’euros)

Et après, en plus, il a fallu renflouer le parti parce que le montant de dépense « officiel » de la campagne de 2012 a dépassé le montant légal ! C’est abyssal ce que Sarkozy a dépensé pour lui !

Détournement d’argent public par des formations fantômes

Mediapart a découvert qu’une association liée à l’UMP, l’Association nationale pour la démocratie locale (ANDL), chargée de former des bataillons d’élus locaux aux frais des collectivités, a pris l’habitude de gonfler artificiellement le nombre de présents à ses séances, pour mieux surfacturer aux conseils régionaux, généraux ou municipaux. Cette fois, il s’agit directement d’argent public.

Cette piste ne manquera pas d’être creusée par les policiers chargés de l’enquête préliminaire sur les comptes de l’UMP, ouverte sur des soupçons de « faux », « abus de biens sociaux » et « abus de confiance », qui ont déjà perquisitionné les locaux de l’ANDL et saisi une masse de documents, en même temps qu’ils s’emparaient des archives de l’UMP et débarquaient au siège du micro-parti de Jean-François Copé, lundi dans la soirée.

Pour mémoire, les assemblées territoriales sont tenues de payer des formations à tous leurs membres, qui choisissent librement leur prestataire. Parmi les plus courus côté UMP, on trouve ainsi l’ANDL (d’ailleurs en concurrence sur ce marché avec une filiale de Bygmalion), qui enregistre des chiffres d’affaires florissants (d’après les comptes que Mediapart a pu consulter): 580 000 euros en 2011, puis 524 000 euros pour quelque 2 000 élus officiellement « coachés » en 2012.

À la tête de cette petite « entreprise » maison, basée au siège même de l’UMP, Jean-François Copé avait pris soin, dès 2011, de placer son plus fidèle lieutenant, la députée Michèle Tabarot (déjà menacée par plusieurs dossiers, comme nous l’avons raconté ici et là). Trois ans plus tard, une source interne décrit à Mediapart une astuce bien rodée, devenue « quasiment industrielle » : l’ANDL vend une formation à telle ou telle collectivité pour un nombre élevé d’élus UMP, tout en sachant que certains n’y assisteront jamais. Complices, ces « absentéistes » signent quand même la feuille de présence, que l’ANDL est tenue de fournir aux services de la collectivité si elle veut encaisser l’intégralité du montant facturé.

Balkany et fraude fiscale


Mise en examen en mai pour blanchiment de fraude fiscale, l’adjointe au maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) a reconnu posséder une villa à Saint-Martin, dans les Antilles françaises, rapporte BFMTV mardi 10 juin.

Détenu par une société-écran, le bâtiment n’a jamais été déclaré au fisc. Ce qui permet au couple, depuis 17 ans, de ne pas s’acquitter de l’impôt sur la fortune, affirme la chaîne, à qui Isabelle Balkany n’a pas souhaité expliquer la situation.

Les magistrats cherchent désormais à savoir comment le couple Balkany a pu acquérir ce bien, estimé à près de trois millions d’euros.

Chirac et les emplois fictifs

L’ancien président de la République a été condamné à deux ans de prison avec sursis dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris…. au terme d’une quinzaine d’années de procédure. L’ancien président de la République est reconnu coupable d’abus de confiance, de détournements de fonds publics et de prise illégale d’intérêts, pour avoir fait supporter par les contribuables parisiens les salaires de plusieurs chargés de mission qui travaillaient soit au siège du RPR, soit pour le candidat gaulliste à l’élection présidentielle, mais en tout cas pas pour la Ville.

Guéant très suspect

Le 20 mars 2008, Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée depuis presque un an, et sa femme Rose- Marie y achètent comptant un appartement. Selon l’acte de vente que Paris Match a consulté, les Guéant ont déboursé 717 500 euros pour ce quatre-pièces de 90 mètres carrés.

Claude Guéant, directeur de cabinet du ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozy, a reçu, « à partir de l’été 2002 et au plus tard jusqu’à l’été 2004 », quelque 10 000 euros en liquide par mois, prélevés sur les frais d’enquête et de surveillance (FES) des policiers.

Quelqu’un a payé ses services en lui donnant 500’000 € en liquide pour 2 tableaux introuvables.

En août 2013, il est nommé conseiller stratégique de International Mining & Infrastructure Corporation plc, groupe minier présent au Gabon et au Cameroun. Voila un parachutage qu’il est beau.

De plus, ses archives ont disparues de l’Elysée sans explication.

Mediapart a remis aux trois juges d’instruction en charge du scandale Bernard Tapie l’enregistrement d’une conversation téléphonique confidentielle de l’ex-homme d’affaires en mai 2009. Cet enregistrement intéresse beaucoup la justice car il constitue un nouvel indice des fortes protections dont Bernard Tapie pourrait avoir profité de la part de Nicolas Sarkozy et de ses proches, à l’occasion de l’arbitrage Adidas puis de la négociation fiscale qui l’a suivi. Au cours de cette conversation privée, Bernard Tapie révèle en effet que le ministre du budget de l’époque, Éric Woerth, et son directeur de cabinet, Jean-Luc Tavernier, s’occupaient en personne de son dossier fiscal, en lieu et place de l’administration des impôts, mais qu’ayant avec eux un désaccord, le secrétaire général de l’Élysée, Claude Guéant, s’en est mêlé et l’a reçu à l’Élysée.

HLM

Parmi les cas connus de longue date, en 1995, quand le Canard Enchaîné révèle qu’Alain Juppé, alors adjoint au maire de Paris, fait diminuer par ses services le loyer de son fils, heureux locataire d’un appartement du très chic VIe arrondissement de Paris. Alain Juppé lui-même étant locataire d’un appartement refait à neuf aux frais du contribuable. La même année, on découvre que Jacques Chirac, alors maire de Paris, loue à une SCI indirectement contrôlée par la mairie de Paris, un logement de 189 m2 à un prix inférieur au marché. Egalement épinglés à cette période pour leurs abus en matière de logement, le fils de Jean Tibéri, celui d’Edouard Balladur, la fille de Jack Lang, et plus récemment Jean-François Copé. Sans oublier la retentissante affaire Hervé Gaymard, elle aussi révélée par le Canard Enchaîné, en 2005. L’ancien ministre de l’Economie n’était certes pas logé en HLM, mais dans un duplex de pas moins de 600 m2 payé par l’Etat plus de 14.400 euros par mois alors même que l’appartement du boulevard Saint-Michel dont ils étaient propriétaires, qui semblait leur convenir notamment du point de vue de sa superficie, avait été mis en location pour leur procurer des revenus. La location avait été avalisée par le directeur de cabinet de Jean-Pierre Raffarin.

La fin

Et qui met on pour sauver l’UMP, Alain Juppé, considéré comme un élément clé d’un système de financement occulte d’emplois au sein du RPR financés par la mairie de Paris et des entreprises désireuses de passer des contrats publics (sa secrétaire personnelle au RPR fut elle-même rémunérée par une entreprise, le groupe immobilier Ségur, puis par la ville de Paris).

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« La Mauvaise Vie » de Frédéric Mitterrand

Ce texte m’interpelle sur plusieurs points :

  • Le mec qui a écrit cette « autobiographie romancée » a quand même été nommé ministre de la culture de 2009 à 2012 par Sarkozy. Ce comportement serait donc compatible avec l’enquête de moralité de nos politiciens !
  • Si un citoyen lambda publiait un texte comme cela aujourd’hui sur Facebook, son blog, un forum, etc… et étant dénoncé à la police, est-ce qu’il lui arriverait des ennuis ? Si oui, serait-ce logique (détention préventive ou pour cause  de forte intention manifeste) ? Ou une atteinte à la liberté d’expression (ce n’est qu’un texte pas un acte. Les « garçons » peuvent avoir la majorité sexuelle. Donc rien de formellement illégal y est écrit, juste profondément immoral.)

Extrait du livre La Mauvaise Vie, de Frédéric Mitterrand (Edition Robert Laffont, 360 p., 2005), pages 293 à 307.

« Le garçon marche dans la nuit à quelques pas devant moi. Pantalon de teinte sombre ajusté sur les hanches, étroit le long des jambes ; tee-shirt blanc qui colle au contour des épaules et à la ligne du dos ; bras nus, une Swatch au poignet, cheveux noirs avec des reflets brillants, dégagés sur la nuque. Démarche souple, allure tranquille, tout est beau, net, irréprochable. Il ne se retourne pas, il sait que je le suis et il devine sans doute que cet instant où je le regarde en profil perdu, de près et sans le toucher, me procure un plaisir violent. Il a l’habitude. C’est le quatrième depuis hier soir, j’ai voulu passer par un club que je ne connaissais pas encore avant de rentrer à l’hôtel et je l’ai aussitôt remarqué. Il n’y a que pour ceux qui ne les désirent pas qu’ils se ressemblent tous. Il se tenait comme les autres sur la petite scène, les mains croisées en arrière pour bien marquer le corps dans la lumière, en boxer short immaculé, le côté saint Jean-Baptiste qu’ils retrouvent instinctivement et que les pédés adorent, mais le visage fermement dessiné, l’expression avec du caractère, regard sans mièvrerie et sourire sans retape, un charme immédiat qui le détachait du groupe des enjôleurs professionnels. J’imaginais Tony Leung à vingt ans. Il a ri comme s’il avait gagné à la loterie quand j’ai fait appeler son numéro et lorsqu’il est venu près de moi, j’ai deviné brièvement l’odeur de sa peau, eau de Cologne légère et savon bon marché ; pas de ces parfums de duty free dont ils raffolent en général. Il avait l’air vraiment content d’aller avec moi ; j’ai senti qu’il serait vif et fraternel. Les rats qui grouillent dans la ruelle détalent à notre passage, les néons disparaissent derrière nous dans la pénombre, les remugles des poubelles s’estompent dans la chaleur poisseuse, et le vacarme assourdissant de la techno qui dégorge par les portes ouvertes de tous les autres clubs accentue cette impression de privation sensorielle où je concentre toute mon attention uniquement sur lui et sur ce que j’en attends. Mauvaise musique grossièrement frelatée au synthé sur des standards que l’on ne reconnaît plus mais dont le rythme infernal bombarde tout le quartier, fait chanceler entre excitation et hébétude et saoule le désir qui tambourine contre les tempes. Ça baisse un peu dans le souterrain qui mène au parking de l’hôtel. Il élève ses quinze étages de médiocre confort international au-dessus du flot populeux et du magma des boîtes et des gargotes, abritant une clientèle pas trop friquée de tour operators qui sort le jour en groupes serrés et tâte furtivement du grand frisson et de la rigolade à souvenirs avant de se coucher tôt derrière les doubles vitrages climatisés. Mais il plonge ses racines dans un sol autrement plus fertile : la sorte de grotte où le gang des chauffeurs de taxi se livre à des parties de cartes vociférantes dans une atmosphère de tripot pour films de kung-fu commande l’accès à une série de chambres sans fenêtre qui se louent ordinairement à l’heure, et pour longtemps, voire à perpétuité si on veut en finir et y mettre le prix. Ce n’est certainement pas le pire endroit pour mourir, anonymat et discrétion assurés. De vilains jeunes gens qui n’auraient eu aucune chance sur la rampe à numéros prennent leur revanche en s’affairant devant les caves à plaisir : ils détiennent les clefs, assurent la circulation qui peut être dense, relèvent les compteurs, font le ménage entre les passes. Plutôt sympatiques au demeurant : ils prétendent connaître tous les garçons par leurs noms et traitent les habitués à pourboires en jouant la comédie d’un service de palace. Le réduit et la salle de bains sont très propres : serviettes sous cellophane, housse en papier sur le lit sans drap, moquette neuve, ventilateur chromé, des miroirs un peu partout et même au plafond pour qui ça intéresse. Le room valet, comme il se désigne élégamment lui-même, fait une tentative pour me montrer comment marche la télévision et, jaugeant mon air apparemment défait, me propose à tout hasard des cassettes sans doute destinées à me ranimer. On rit un peu sans bien se comprendre, je lui refile les billets pour deux heures avec de quoi s’offrir une autre dent en or et il sort en chantonnant. Nous sommes seuls. Mon garçon n’a pas dit un mot, il se tient devant moi, immobile, le regard toujours aussi droit et son demi-sourire aux lèvres. J’ai tellement envie de lui que j’en tremble.

Ce n’est pas seulement lui qui explique la force de mon attirance, c’est aussi la mise en scène si bien réglée qui m’a fait découvrir sa présence. Dans chaque club, les garçons se tiennent sur la scène très éclairée par petits groupes de quatre ou six ; ils portent la tenue distincte de l’établissement et de sa spécialité, minimale et sexy : maillot 1900 à bretelles ou cycliste pour les athlètes, boxers shorts, strings pour les minets ou pseudo-voyous, les follassons ont droit à des mini-jupes. Ils demeurent immobiles, silencieux, corps bien droit et jambes légèrement écartées, l’air absent ou souriant selon la classe du club où la catégorie supérieure demanderait plutôt qu’ils se montrent impassibles, au moins en début de soirée, et tous le regard perdu vers la semi-obscurité de la salle en contrebas, la pénombre d’où la clientèle les observe en se faisant servir des verres. Le numéro est accroché à l’aine, en évidence. La plupart d’entre eux sont jeunes, beaux, apparemment épargnés par la dévastation qu’on pourrait attendre de leur activité. J’apprendrai plus tard qu’ils ne viennent pas tous les soirs, sont souvent étudiants, ont une petite amie et vivent même parfois avec leur famille, qui prétend ignorer l’origine de leur gagne-pain. En revanche, ils ont tous un portable, un e-mail pour retrouver ailleurs et à tout moment leurs customers les plus accrochés, ce qui laisse supposer que les clubs prélèvent un pourcentage trop important et qu’ils n’ont de cesse de pouvoir se débrouiller seuls. Quelques-uns sont plus âgés et il y a aussi un petit contingent de malabars mal dégrossis qui a manifestement son public. C’est le côté menines de l’exposition : leur présence fait ressortir la séduction juvénile de tous les autres. Au rythme de la sempiternelle techno, après trois minutes, deux cèdent leur tour et retournent en coulisses, une autre paire les remplace et ainsi de suite. Quand toute la troupe est passée sous les feux de la rampe, une manière de finale rameute l’ensemble sur un air plus triomphal façon Gloria Gaynor, les garçons abandonnent leur maintien hiératique, se parlent à voix basse en évaluant la clientèle avec des facéties obscènes et racolent plus ouvertement puis le petit manège reprend, un peu moins rigide et discipliné au fur et à mesure que l’on avance dans la nuit. A l’heure la plus chaude, quand la salle est pleine à craquer, les clubs les plus réputés présentent ce qu’on appelle le sexy-show, vague pantalonnade pornographique à base de lasers et de strip-tease qui s’achève immanquablement par l’enculage d’un travesti dans une ambiance de rigolade généralisée un peu trop outrée pour être tout à fait franche. Les artistes qui pratiquent ce numéro particulier travaillent comme les danseuses nues de Pigalle ; on les croise dans la rue, drag-queens en tchador transparent, se hâtant d’un club à l’autre pour ne pas rater le show. Pour leur part, les garçons sont attachés à leur club et n’en changent pas. On imagine les tractations, les magouilles, le danger à ne pas respecter les règles et ce qu’il doit en coûter pour racheter un petit béguin afin de le sortir du circuit. L’expédient des portables et des e-mails, préalable à ce genre de transactions, n’est que provisoire ; on ne se perd jamais dans cette ville tentaculaire et il ne faut pas chercher à obtenir un visa pour une destination lointaine sans laisser ses affaires en ordre.

Les coulisses font partie du spectacle. En arrière de la scène ou sur le côté, elles se livrent facilement aux regards des spectateurs intéressés ; ces établissements ne sont pas si grands et un marketing efficace veille aux mûres réflexions et aux repentirs du public. En attendant de remonter sur scène, les garçons gardent d’ailleurs un œil sur la salle en affectant de s’adonner à des activités très absorbantes ; ils suivent un programme de variétés ou de sport à la télévision, font des mouvements de gymnastique avec des appareils compliqués, lisent les journaux ou devisent tranquillement une serviette de boxeur autour du cou. Quand l’un des serveurs vient leur glisser à l’oreille qu’ils ont été choisis, ils cochent une petite case sur un tableau avant de se diriger vers le bar d’un air parfaitement dégagé et les autres garçons se gardent poliment de commenter la transaction qui s’ébauche. La direction relève sans doute le carnet de notes mural avant la fermeture. Une fois que la réservation a été confirmée, après une présentation qui s’éternise rarement, le garçon se rhabille prestement en coulisses, et revient ; il n’y a plus qu’à régler les consommations, la commission au club due par le client et à sortir au milieu des courbettes, des marionnettes grimaçantes qui font office de loufiats et lancent d’une voix suraiguë : Good night sire, see you again. On peut prendre deux garçons, ou même plusieurs, aucune objection puisque la réponse est toujours : I want you happy. Contrairement à une assertion généralement colportée il y a peu de ruines sexuelles occidentales parmi le public, la clientèle est en majorité locale, d’âge moyen, bien convenable et sort en bande légèrement arrosée au whisky-Coca. Les quelques naufragés à peau blanche du Spartacus font plutôt tache dans l’ensemble mais il est vrai aussi qu’on leur propose les meilleures tables.

Evidemment, j’ai lu ce qu’on a pu écrire sur le commerce des garçons d’ici et vu quantité de films et de reportages ; malgré ma méfiance à l’égard de la duplicité des médias je sais ce qu’il y a de vrai dans leurs enquêtes à sensation ; l’inconscience ou l’âpreté de la plupart des familles, la misère ambiante, le maquereautage généralisé où crapahutent la pègre et les ripoux, les montagnes de dollars que cela rapporte quand les gosses n’en retirent que des miettes, la drogue qui fait des ravages et les enchaîne, les maladies, les détails sordides de tout ce trafic. Je m’arrange avec une bonne dose de lâcheté ordinaire, je casse le marché pour étouffer mes scrupules, je me fais des romans, je mets du sentiment partout ; je n’arrête pas d’y penser mais cela ne m’empêche pas d’y retourner. Tous ces rituels de foire aux éphèbes, de marché aux esclaves m’excitent énormément. La lumière est moche, la musique tape sur les nerfs, les shows sont sinistres et on pourrait juger qu’un tel spectacle, abominable d’un point de vue moral, est aussi d’une vulgarité repoussante. Mais il me plaît au-delà du raisonnable. La profusion de garçons très attrayants, et immédiatement disponibles, me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de refréner ou d’occulter. L’argent et le sexe, je suis au cœur de mon système ; celui qui fonctionne enfin car je sais qu’on ne me refusera pas. Je peux évaluer, imaginer, me raconter des histoires en fonction de chaque garçon ; ils sont là pour ça et moi aussi. Je peux enfin choisir. J’ai ce que je n’ai jamais eu, j’ai le choix ; la seule chose que l’on attend de moi, sans me brusquer, sans m’imposer quoi que ce soit, c’est de choisir. Je n’ai pas d’autre compte à régler que d’aligner mes bahts, et je suis libre, absolument libre de jouer avec mon désir et de choisir. La morale occidentale, la culpabilité de toujours, la honte que je traîne volent en éclats ; et que le monde aille à sa perte, comme dirait l’autre.

Il existe certainement des établissements de ce genre ailleurs qu’en Thaïlande ; Amsterdam ou Hambourg ; mais j’ai mis trop longtemps, je viens de trop loin, je dois absolument continuer, pousser bien plus en avant pour parvenir à mes fins ; je ne veux pas courir le risque de rencontrer des garçons qui m’en rappelleraient d’autres, d’être confronté à des situations qui resteraient familières, d’entendre des paroles que je pourrais comprendre. Il me faut l’inconnu, la terre étrangère, le pays sans repère. Là où l’on ne saura jamais rien de moi, il existe une chance, si ténue soit-elle, que j’obtienne l’abandon et l’oubli, la rupture des liens et la fin du passé. Le choix.

Comme on le dit pour les drogues dures, je n’ai jamais tout à fait retrouvé le choc ineffable de la première fois, mais c’est sans importance car la vague qui me porte est bien plus puissante que la relative diminution d’intensité qu’entraîne l’accoutumance. Je me traite à l’alcool, une légère brume entretient la compulsion et il y a toujours un garçon que je n’avais pas encore remarqué. Je n’éprouve jamais de vraie déception. On ferme à deux heures et ça recommence demain. Je sais aussi très bien que tout cela n’est qu’une sinistre farce que je me raconte à moi-même. J’ai beau résister, le mensonge se délite quand je prends l’avion du retour, le réel me remet le nez dans ma merde dès que j’arrive à Paris, le remords m’attrape et ne me lâche plus d’une semelle, rendu furieux par la peur d’avoir failli perdre ma trace.

Mon garçon enlève brusquement son tee-shirt comme il doit le faire au sport sans même se rendre compte de la grâce virile de son mouvement et il secoue la tête pour remettre en place ses cheveux ébouriffés par l’encolure. Cette vision me tétanise un peu plus tandis que je l’observe depuis la porte ; je suis incapable de m’approcher de lui, de desserrer l’étau qui m’écrase la nuque et de maîtriser les frissons qui me prennent. J’avais oublié depuis longtemps des sensations si violentes. Bizarrement, il a plus de mal à retirer son pantalon et son caleçon américain, il évite mon regard, un fond de pudeur, une ombre d’inquiétude peut-être devant mon comportement qui doit lui paraître exagéré, insolite. Ces gosses ont largement l’habitude des hommes bien qu’ils ne les aiment pas vraiment, ils considèrent leur désir avec satisfaction mais avec une sorte de persistance dans l’étonnement candide ; il leur arrive aussi de ramasser des dingues et un Occidental de passage qui paraît encore relativement jeune, ça ne cadre pas avec la clientèle ordinaire ; à mon âge, dans cette ville, on se trouve un darling gratuit quand on bénéficie du prestige et des privilèges de l’étranger, quitte à lui payer un walkman avant de repartir. Un détritus de vieille folle peinturlurée lui paraîtrait moins menaçant et ferait mieux l’affaire. Pourtant, son hésitation est brève, il ne veut certainement pas se mettre en tort, il plie soigneusement ses effets qu’il pose sur la console de la télévision et me fixe enfin en recommençant à sourire. Tout est impeccable, aussi bien dessiné que le reste. D’où vient cette légende qui voudrait que leur sexe soit d’une taille ridicule ? Je peux attester du contraire même si je ne suis pas un fanatique des comparaisons superlatives qui occupent tant les conversations de certains pédés.

Je sors de ma stupeur, je pose sur ses habits quelques billets défroissés, nettement plus que la juste somme indiquée par le manager du club, mais il semble ne pas y prêter attention. Aussi étrange que cela puisse paraître, la prostitution est un tabou dans ce pays, à tel point que le mot qui pourrait la désigner n’existe même pas. La petite liasse n’a aucune valeur à cet instant, elle le gêne et ne l’intéressera qu’après, non comme le paiement d’une transaction, ni comme la rétribution d’un service précis, mais plutôt à la manière d’une récompense amicale détachée de toute notion d’obligation réciproque. De ma part, ce serait une faute de goût, presque une insulte que d’insister pour qu’il les prenne. Les billets disparaîtront ensuite, sans que je m’en rende compte, comme par enchantement. Mais si j’ai presque honte d’avoir commis un manquement à cette politesse que je connais mal, je constate que c’est encore la vieille peur d’une négociation difficile au dernier moment, voire d’être repoussé en touchant au but qui aura été la plus forte. J’ai toujours payé tout de suite pour prendre l’avantage et sidérer l’adversaire ; la corruption est un sport d’aveugle, on allonge l’argent à tâtons tant ce qu’on cherche à atteindre est incertain. En l’occurrence, c’est un impair et heureusement le garçon ne m’en tient pas rigueur ; il suit en toute innocence sa propre règle qui est de me faire plaisir car il n’en connaît pas d’autre. Avec un petit signe de la main, il m’indique la salle de bains, passe devant moi sans me toucher, déchire d’un coup de dents l’étui de cellophane qui emballe les serviettes et le gant de toilette et commence à se doucher en m’invitant de la tête à le suivre. Et si je faisais partie de ceux qui refusent de se laver ? Pour ces garçons qui sont à juste titre des maniaques de la propreté, se dérober aux ablutions c’est un autre signal d’alerte, même s’il est là encore trop tard pour reculer et malséant de laisser deviner sa répugnance. Je me déshabille et le rejoins sous la douche, au cas où il me poserait encore des questions sur l’effet qu’il me fait, elles n’ont plus de raisons d’être et il me savonne gaiement, cette fois bien rassuré. Tout se passe normalement. En France, avec la plupart des gigolos, c’est toute une histoire pour arriver à les faire bander mais on n’est décidément pas en France et nous continuons avec le gant, le savon, le pommeau de douche à nous explorer et à nous mesurer l’un à l’autre en riant doucement. Il est presque aussi grand que moi et certainement plus solide, bâti comme les champions de kick-boxing qui vous allongent en un éclair. Mais je n’ai rien à craindre de lui, c’est un jeu délicieux auquel je m’abandonne en fermant les yeux, plein de joie et de confiance. Je ne sais plus qui protège l’autre.

Nous nous essuyons avec mille précautions ; il suffirait d’un rien pour que mon corps me trahisse et que j’en aie fini. D’un seul coup. Je ne sais pas s’il pense comme moi que ce serait trop bête mais il admet tout à fait que je prenne mon temps et il me laisse l’initiative. Je n’ose pas encore l’embrasser, mais je le caresse, je le touche et il en fait autant. Nous regagnons la chambre ; ils ont décidément tout prévu, un rhéostat permet de tamiser les lumières. Alors que nous sommes étendus, je tente un baiser sur les lèvres du garçon, j’avais bien tort d’hésiter, il embrasse merveilleusement bien, sans doute avec la même adresse qu’avec sa copine, il y revient autant que je le souhaite, lèvres fraîches, langue en profondeur, salive salée de jeune mâle sans odeur de tabac ni d’alcool. Sa peau est d’une douceur exquise, son corps souple se plie quand je l’effleure et quand je le serre et j’ai l’impression qu’il éprouve du plaisir en quelque endroit que je le touche. Le fait que nous ne puissions pas nous comprendre augmente encore l’intensité de ce que je ressens et je jurerais qu’il en est de même pour lui. Ce qui ne m’empêche pas de parler, de lui dire des mots tendres, qu’il reprend à la volée et répète en désordre avec de grands rires. Il me lèche avec une délicatesse extraordinaire et je vois sa nuque, son dos, son cul dans la glace au plafond, la masse aux reflets bleus de ses cheveux quand je baisse la tête pour regarder son visage si attentif à ce que j’éprouve. Je ne sais d’où il a sorti les capotes, mais il nous les enfile en un clin d’œil et avec une dextérité de voleur à la tire. C’est lui qui décide désormais, et ça se complique un peu ; son corps me tient tout entier, son sourire découvre ses dents serrées, ses yeux sont fixés dans les miens, mais sans aucune dureté dans le regard ; avec une lueur de ruse malicieuse et de joie plutôt comme s’il s’étonnait le premier de ce qu’il est en train de faire. Il y a des choses que je n’assume plus depuis une mauvaise expérience avec un Marocain, il y a trente ans dans un sauna. C’était un ouvrier immigré, assez beau gosse, qui ne pensait qu’à son plaisir et se vengeait de tout le reste, en bon macho, la lutte des classes au bout du zob enfoncé jusqu’à la garde dans le cul des jeunes bourgeois. Il m’avait blessé, infecté d’une maladie, souffrance tenace et secrète dont j’ai mis des mois à me guérir. Je n’ai plus recommencé. Mais là, c’est différent, je n’ai même pas mal, je le laisse m’emmener où il veut, pourvu que ce soit avec lui ; il est devenu mon homme. Je m’aperçois au-dessus, par bribes, comme les stars américaines dans les films d’autrefois quand elles se donnent, amoureuses et maternelles, un air de mélancolie lointaine dans l’expression. Joan Crawford à Patpong. C’est bien ce qui s’appelle de l’égarement car au fait pour Joan Crawford, la maternité n’était pas vraiment son fort, même si elle a brièvement épousé ce pédé de Cary Grant. Il faut toujours que je me trompe en pensant à autre chose. Mon garçon, lui n’est pas à Hollywood, il est là où sont les garçons quand le désir s’en va et qu’ils se retrouvent seuls ; je sens la chamade en son cœur contre le mien, mais il détourne la tête et roule sur le côté. Joan Crawford a tout le loisir de se voir au plafond et de se dire qu’il faudrait encore baisser la lumière. Je retrouve cette angoisse qui m’est habituelle de le voir se relever subitement et partir ; c’est pour cela que je viens généralement le premier, pour ne pas affronter leur lassitude ; parfois c’en est assez pour moi et on en reste là, et parfois j’ai envie de continuer et eux aussi ; dans ce cas, il y a encore un peu de marge. Mon garçon est prêt à tout pour tenir son contrat ; le I want you happy qui ne connaît pas d’exception. Il est revenu contre moi, la mine un peu voilée comme s’il était désolé d’être parti trop vite et regrettait son absence ; on recommence mais autrement, maintenant c’est moi qui décide et tout le plaisir est pour moi. Je n’ai jamais connu une telle sensation de plénitude et de puissance. Il a fermé les yeux, je ne sais pas ce que sont ces traces humides sous ses paupières, les légers cernes, au creux des tempes un peu de sueur peut-être ou des larmes de fatigue, ça existe sûrement les larmes de fatigue. Le miroir de côté me renvoie notre image, moi comme un fou et lui comme un mort, et cette image me foudroie. Je suis pris d’un sentiment immense de compassion et de tendresse à son égard, à le voir si docile et démuni, alors qu’il m’avait paru le plus libre et le plus fort de tous, le jeune roi des clubs couché avec un autre salaud de menteur étranger en attendant que ça se passe ; ma honte comme un chagrin d’enfance glisse sur son silence et son corps nu, enveloppe ses pauvres vêtements si bien pliés sur la télévision et ne trouve pas les mots qu’il ne comprendrait pas d’ailleurs ; mon désir s’évanouit à la vitesse du sky-train qui le ramènera tout à l’heure vers sa banlieue pourrie, une poignée de bahts dans la poche à dépenser aussitôt en babioles inutiles. Dehors, j’entends les chauffeurs de taxi et les loufiats qui s’invectivent dans un bruit de crécelle ; je sens l’odeur d’essence et d’huile du parking qui dégorge du ventilateur. Il n’y a plus un soupçon de joie ni d’émotion dans cette chambre ripolinée de fausse clinique. Trente ans de mauvaise baise pour en arriver là. Je me retire gentiment, allons ce n’était qu’un jeu, rien de grave, nous n’aurons jamais de chance ; il s’essuie les yeux, les rouvre, se remet à sourire tandis que je me tourne de côté et plonge à toute allure, inerte, comme une pierre dans le miroir. A-t-il deviné que je l’ai vraiment aimé le temps d’un éclair et que j’ai eu tant pitié de lui, de moi, de toute cette histoire qu’il ne m’était pas possible de continuer et de le laisser comme ça dans un tel abandon. Pourtant, je le sens encore contre moi, il tapote de ses doigts le long de mon dos et gazouille des bouts de paroles en français qui ressemblent de moins en moins à celles de tout à l’heure. Il n’a sans doute rien senti, j’ai dû me raconter encore un de mes romans, nous voilà seulement revenus chacun dans notre monde.

Après on s’est endormis. Tout de même, il avait dû se passer quelque chose pour qu’on se sente tellement épuisés. Quand on s’est quittés, les boîtes avaient fermé et les marchands pour touristes faisaient un vacarme infernal en rangeant leur camelote dans les containers en fer. J’ai voulu avoir son e-mail mais il ne connaissait que ses lettres en thaï ; j’ai compris qu’il me suffirait d’écrire au club en indiquant son numéro, j’avais du mal à imaginer qu’un quelconque courrier pût parvenir à une adresse aussi aléatoire ; il m’a aussi redit qu’il s’appelait Bird mais je ne l’avais pas oublié ; c’est joli comme nom, Bird, même si cela ne veut sans doute pas dire oiseau dans leur langue. D’autres s’appellent Tom ou Brad, cela vient des films et quand on creuse un peu on trouve le vrai nom thaï qui lui ressemble ; il n’y a pas beaucoup de choix, ils s’appellent souvent pareil, c’est aussi pour cela qu’ils insistent sur le numéro. En partant, il s’est retourné en me décochant une dernière fois son incroyable sourire et il m’a montré du doigt la petite rue du club, j’ai senti qu’il me donnait sans doute rendez-vous pour les autres soirs, et puis il a disparu très vite en me laissant à la nuit où je l’avais trouvé. Je suis reparti pour Paris quelques heures plus tard. Je pense souvent à lui, j’espère que personne ne lui a fait de mal ; chaque fois que je vais avec un garçon, je le revois au moins un instant, devant moi, dans l’affreuse chambre fermée comme un bunker et j’ai l’impression de le trahir, lui, là-bas, si loin, mon garçon de Patpong. »

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Netflix au Luxembourg, à qui la faute?

Les politiques et l’industrie du cinéma français se plaignent que Netflix s’installe au Luxembourg et distribue ses services payants aux citoyens français sans payer d’impôt à la France.

La ministre de la culture brandit la menace de vagues mesures protectionnistes qui ne seront jamais appliquées car contraires aux principes de libre échange à l’intérieur du marché européen, qu’on se le dise.

La vrai question, à mon sens, derrière le discours de façade des politiques de tous bords, c’est pourquoi les politiques tolère-t-on un paradis fiscal tel que le Luxembourg au sein du marché unique? Car Netflix n’est qu’un petit exemple. Google, Amazon, Facebook, Apple, Ebay, etc.. sont domiciliés au Luxembourg ou en Irlande où les taxes sont bien moindres qu’ailleurs et facturent sur toute l’Europe (regardes en bas de la page de l’AppleStore) Si cela est tout à fait légal, ces sociétés seraient bien bêtes de ne pas en profiter. Personne ne peut leur reprocher d’appliquer la loi européenne.

Sarkozy avait crié haut et fort en 2008 que les paradis fiscaux c’était fini. Un beau menteur. On a juste un peu grisé puis re-blanchi sur la liste blanche de l’OCDE des territoires comme l’Etat du Delaware aux Etats-Unis, le Luxembourg, la Suisse, les Îles Caïmans ou Jersey qui constituent des places financières centrales pour les acteurs à la recherche d’opacité et d’abstraction de cotisations sociales.

Si l’on regarde le point de vue du consommateur. Il a aujourd’hui le choix entre acheter sur un site de vente en ligne basé en France (ex: Rue du commerce) ou sur Amazon.fr basé au Luxembourg. Le service est à peu près le même, mais c’est plus cher sur le site basé en France. Les 2 sont parfaitement légaux. Il serait bête de payer plus cher selon le dogme de la libre concurrence !

Comment dans ces conditions, une entreprise Française peut-elle être concurrentielle? Politiques, arrêter de nous blablater et sortez ces paradis fiscaux du marché unique ! Ou rendez des comptes aux travailleurs français qui sont floués par ces mesures anti-concurrentielles !

Itunes paye 6% de TVA grâce à cette boite aux lettre. LOL. Je vous recommande la lecture cet article de Mediapart de janvier 2014 sur Apple, ebay, Skype et les ficelles du Luxembourg.

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Si vous n’avez rien à cacher

D’après le Figaro, Brice Hortefeux se voulait rassurant :

«Si vous n’avez rien à vous reprocher, vous n’avez pas à avoir peur d’être filmé

Mais pensez vous que cela est vrai :

  • la loi peut être injuste car aux mains d’un pouvoir oligarchique (Citons les démocraties du Congo, de la Corée du Nord, de la Russie, de l’Algérie…) d’où le désir de pouvoir s’en abstraire au moins dans sa vie privée (1984 d’Orwell est un exemple de vie surveillée jusque chez vous),
  • votre comportement de dissident, bien que tout à fait légal, peut ne pas plaire pas au pouvoir (bientôt aux mains du FN hein :D ) et amener à des mesures de rétorsions contre vous.
  • si vous êtes témoin d’un comportement inadmissible du pouvoir (police par exemple) et que vous voulez témoigner anonymement pour ne pas être victime de mesure de rétorsion?
  • les règles ne cessent d’évoluer. Ce qui était condamné hier peut être encensé demain (avortement, égalité des sexes, lanceurs d’alerte aujourd’hui). Si les initiateurs de ces évolutions sont poursuivis avant même de mobiliser la population, aucune évolution des règles depuis le peuple ne peut aboutir.
  • peut-être serez-vous même condamné comme dans Le procès de Kafka sans même savoir vous même pourquoi.
  • peut-être d’ailleurs vous autocensurez-vous déjà sur Facebook, mail etc.. de dire des choses que vous pensez intérieurement de peur que cela vous porte préjudice?
  • la surveillance continue n’est-elle pas synonyme de « tout ce que vous dites et faites sera retenu contre vous » ?

La surveillance n’est pas transparence comme le laisse croire Hortefeux. Au minimum, faudrait-il que la surveillance soit symétrique. C’est à dire que les surveillés en sachent autant sur leurs surveillants que les surveillants sur les surveillés. Or les surveillants refusent tout contrôle sur eux même. Par exemple la NSA oppose le « secret défense », les politiques : leur « immunité parlementaire ». Tant Sarkozy que Hortefeux, ne veulent pas que l’on fouine dans leurs affaires. Le plus cocasse étant de retrouver le meilleur argumentaire dans la bouche de celui qui était le plus fervent « surveillant ». Extrait ci dessous d’une tribune de Sarkozy découvrant sa surveillance par la justice :

« Des principes sacrés de notre République sont foulés aux pieds […] Qui aurait pu imaginer que, dans la France de 2014, le droit au respect de la vie privée serait bafoué par des écoutes téléphoniques ? [..] La présomption d’innocence désacralisée ? […] Que chacun réfléchisse à ce bref inventaire car demain il pourra, à son tour, être concerné. C’est de moi qu’il s’agit aujourd’hui. […]

J’apprends par la presse que tous mes téléphones sont écoutés depuis maintenant huit mois. Les policiers n’ignorent donc rien de mes conversations intimes avec ma femme, mes enfants, mes proches. Les juges entendent les discussions que j’ai avec les responsables politiques français et étrangers. Les conversations avec mon avocat ont été enregistrées sans la moindre gêne. L’ensemble fait l’objet de retranscriptions écrites dont on imagine aisément qui en sont les destinataires ! […]

On n’hésite pas à publier des extraits tronqués et mensongers de ces mêmes enregistrements. Qui a donné ces documents alors même qu’aucun avocat n’a accès à la procédure ? Les seuls détenteurs en sont les juges ou les policiers… Sont-ils au-dessus des lois sur le secret de l’instruction ? […]

On le fait, non parce que l’on dispose d’indices, mais parce que l’on espère en trouver. Aujourd’hui encore, toute personne qui me téléphone doit savoir qu’elle sera écoutée. Vous lisez bien. Ce n’est pas un extrait du merveilleux film La Vie des autres sur l’Allemagne de l’Est et les activités de la Stasi.

Il ne s’agit pas des agissements de tel dictateur dans le monde à l’endroit de ses opposants. Il s’agit de la France. »

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Sarkozy paie-t-il ses amendes?

Impossible de savoir si Nicolas Sarkozy a payé sa dette au Trésor public. En juillet dernier, lorsque le Conseil constitutionnel a rejeté le compte de campagne du candidat UMP, les “Sages” avaient non seulement privé son parti d’un remboursement étatique de 10,6 millions d’euros de frais, mais aussi infligé une pénalité personnelle de 363 000 euros à Nicolas Sarkozy. L’ancien président a-t-il commencé à régler cette ardoise ? Quelles démarches l’administration a-t-elle lancées pour récupérer son argent ? Avec quel empressement ? Le haut fonctionnaire en charge du dossier à Bercy, Bruno Bézard, directeur général des finances publiques, a refusé – à rebours du droit d’accès aux documents administratifs – de communiquer la moindre information sur le sujet.

Pugnace, Raymond Avrillier a illico saisi la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA), l’autorité indépendante chargée de faire respecter la loi de 1978, et décroché un « avis favorable » en date du 21 novembre. « (Les documents réclamés) sont soumis au droit d’accès », écrit ainsi le président de la CADA, conformément à une doctrine constante depuis des années.

La CADA rappelle que rien ne peut s’opposer à leur transmission : « Ni les dispositions (…) imposant une obligation de discrétion professionnelle aux fonctionnaires »« ni les dispositions spéciales du livre des procédures fiscales soumettant à un secret professionnel (…) les agents intervenant dans le recouvrement des impôts, droits, taxes et redevances (…), dès lors que les créances auxquelles se rapportent les documents en cause sont étrangères à l’impôt. »

Par ailleurs, la divulgation de ces pièces ne risquait pas de « porter préjudice » à Nicolas Sarkozy. Aux yeux de l’autorité indépendante, la protection due à sa vie privée justifiait simplement que Bercy occulte « l’adresse personnelle de l’intéressé ou l’indication de ses coordonnées bancaires ».

Au passage, la commission se plaint que l’administration fiscale n’ait même pas daigné lui transmettre les pièces en question, qu’elle souhaitait parcourir avant de trancher – alors même que les textes obligent n’importe quelle « autorité mise en cause » (en l’espèce, la direction des finances publiques) à communiquer « tous documents et informations utiles » à la CADA.

Depuis, l’avis de la commission a été envoyé à Bruno Bézard, mais Raymond Avrillier n’a toujours pas obtenu satisfaction. « J’envisage un recours devant le tribunal administratif de Paris afin qu’il ordonne la communication des documents, réagit donc l’ancien élu de Grenoble. À moins que le ministre des finances ne s’exécute dans les jours qui viennent… »

Sollicité par Mediapart, le chargé de communication de Pierre Moscovici, ministre de l’économie et des finances, n’a, à ce stade, pas apporté de précisions. En novembre dernier, plus loquace que Bruno Bézard, il nous avait tout de même confirmé qu’un premier courrier de recouvrement avait été adressé à Nicolas Sarkozy.

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Bonne année financière pour les journaux indépendants

Arrêt sur Images, détenu à 100% par Daniel Schneidermann aurait en 2011 un résultat net de 50 000 € pour un chiffre d’affaire de 1 100 000 €. Ce serait donc la première année où le site serait rentable.

Mediapart a quand à lui réalisé un résultat de 460 000 € pour un chiffre d’affaire de 5 100 000 € en 2011.

Excellente nouvelle donc que de savoir que des journaux sans publicité peuvent exister !

De plus, et c’est important, ces deux journaux ne sollicitent pas les subventions directes de l’Etat à la presse en ligne mises en place par Sarkozy.

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Le Figaro est un organe de propagande

Lorsque l’on pose la question pourquoi les casseroles de la droite (Karachi) n’ont pas d’écho dans le Figaro, voici ce que le directeur des rédactions du Figaro, Etienne Mougeotte, répond : « On n’est pas là pour emmerder la droite, c’est comme ça. Si ce que vous voulez, c’est qu’on aille gratter sur ces affaires, c’est non. (…) Pour être bien au Figaro, il faut épouser les idées du Figaro ». « Nous sommes un journal du centre et de droite et nous soutenons Nicolas Sarkozy. »

Quand on sait qu’Etienne Mougeotte était directeur de TF1 jusqu’alors, je pense que ces phrases ont aussi du sens pour la chaîne TV.

Source : Arrêt sur Images

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