Sarkozy a t il été financé par le dictateur lybien?

Daté du 10 décembre 2006, un document signé par Moussa Koussa, l’un des plus proches collaborateurs de Kadhafi, chef de ses services secrets extérieurs, acte « l’accord de principe » conclu afin « d’appuyer la campagne électorale du candidat aux élections présidentielles Nicolas Sarkozy pour un montant d’une valeur de cinquante millions d’euros ».

Ce document vient de subir une expertise juridique en graphologie qui authentifie sa signature. Et paradoxalement, aucun média hormis Mediapart n’en parle hormis Liberation. Pourquoi?

Sur BFM, on voit des articles sur la remontée de Sarko dans les sondages pour la présidence de l’UMP (il y a encore du monde pour supporter un mec qui a dépensé plus que le montant de la campagne (et laissé l’UMP payer les frais) et en plus utilisé l’UMP pour payer ses meetings en douce (et laissé l’UMP payer une deuxième fois)). Mais bon, en face, le chauve a été condamné à l’inéligibilité pour des emplois fictifs à la mairie de Paris. Hahaha. Quelle horreur. Et dire que c’est la crème de nos politiciens? Ou c’est la compétition des pires?

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Quelques définitions de Mediapart

Brice Hortefeux : « Je voudrais ce soir encourager les téléspectateurs à lire Mediapart. Ils y découvriront ce qui n’existe pas »
Bruno Roger-Petit : « Mediapart a peut-être inventé le journalisme de bûcher »
Hubert Védrine : « La transparence est une maladie entretenue par les vautours comme Mediapart »
Jean-François Copé : « Ce sont des méthodes, excusez-moi, des années 30 »
Xavier Bertrand : « Mediapart, c’est le site qui utilise des méthodes fascistes »
Isabelle Balkany : « Je souhaite du fond du cœur que Mediapart fasse faillite »
Alain Minc : « Si vous me dites que le modèle d’indépendance pour la presse, c’est Mediapart, alors je suis assez inquiet pour la démocratie française. Rassurez-vous et croyez-en mon expérience, Mediapart ça ne marchera jamais. La presse sur le Net ne peut être que gratuite »
Alain Finkielkraut : « Mediapart, le site d’information qui donne envie de changer de planète »
Nadine Morano : « Mediapart me fait gerber. Je ne veux pas donner une seule information qui puisse ramener de l’argent à ce journal de vomi et à ce Plenel dégueulasse »

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Le calendrier de référence des marronniers du journalisme

Janvier :

  • 1 : Bonne année en France, feux d’artifice autour du monde pour fêter la nouvelle année. Reportages à Strasbourg où le réveillon a été fêté en allumant des feux à la gloire des voitures. Satisfaction du ministère de l’Intérieur malgré un nombre constant de bagnoles cramées et autant de travailleurs plongés dans la merde.
  • Début janvier : soldes d’hiver, forcément catastrophiques pour les départements limitrophes.
  • Envoyés spéciaux dans les magasins : budget moyen du client des soldes, « Vous étiez là à l’ouverture, racontez-nous le moment où vous êtes passé sous le rideau de fer en rampant pour courir au rayon « micro-ondes » et vous jeter sur celui avec une étiquette de prix proclamant « 39,99€ SOLDES 29,99€ » ? », marronnier sur les dates d’ouverture des magasins et les soldes qui se font aussi en ligne.
  • Début janvier toujours : le tabou des cadeaux qui ne plaisent pas tombe, certains français n’hésitent plus à se tourner vers le sites web pour revendre les cadeaux trop grands, pas à leur goût ou qu’ils ont déjà en double. 46% des personnes interrogées dans l’Hexagone se déclarent prêtes à le faire, mais seules 36% l’ont déjà fait pour un cendrier en terre cuite et une cravate offerte par belle maman.
  • Deuxième week-end de l’année : Épiphanie, galettes des rois, et recettes à base de fonds de poche de chemise pour faire la frangipane.
  • Courant du mois : le praÿsidan fait le tour de la France pour présenter ses vœux à tous les corps de métier.

Février :

  • 2 : Chandeleur avec Mme Gwenn Hadu habitant à Plouguidougue dans le Finistère d’Armor pour sa technique de lancer de crêpes.
  • 14 : Saint-Valentin
  • Mi-février : Vacances scolaires, reportages sur la famille Chombier qui a mis trois plombes à rejoindre sa station d’hiver bétonnée, ou bien sur une autre station familiale à dimension humaine avec autant de neige que de jeux Nintendo 3DS au lancement de la console.
  • Si le temps le permet : envoi de journalistes qui risquent un arrêt maladie dans des milieux paumés recouverts par 50 cm de neige.

Mars :

  • Premier mardi : Mardi Gras avec le petit village de Fussoire-sur-Seine qui fête carnaval, images du carnaval de Nice. Images de Rio et Venise sur France 2 uniquement.
  • Premier dimanche : fête des grands-mères avec l’école de Fussoire-sur-Seine qui fait des œuvres d’art en grains de café.
  • Fin de la trêve hivernale, reportage sur cette famille expulsée suite à une course en avant de crédits à la consommation.
  • 21 : le printemps §§§
  • Si le temps le permet : omg des giboulées, vite invitons l’animateur qui présente la météo pour qu’il nous explique ce merdier.

Avril :

  • 1 : le faux reportage crédible qui fait marrer les gens, ouarf ouarf.
  • Mi-avril : chassé-croisé sur les routes pour les derniers jours sur les stations de ski bien vertes.
  • Pâques : Bénédiction urbi et orbi du locataire de la place Saint-Pierre à Rome, chemin de croix effectué par ce même locataire pour montrer ô combien un hippie à sandales a souffert il y a 2011 ans.
  • Pâques bis : reportage sur les coulisses de la chocolaterie du meilleur ouvrier de France, un régal pour petits z’et grands.
  • Les zallergies, hè oui, le retour des graminés, ces particules qui incommodent plus de 50 millions de français.
  • Variable : Le gagnant de la super cagnotte du Loto. Plan sur une famille « travailleuse et courageuse pour qui ce fut la surprise », mômes tout sourire, parents qui jurent que « ça ne va rien changer ». Reportage en immersion dans le PMU « Le Diplomate », l’endroit où le billet a été enregistré. Interviews des clients avinés « Que feriez-vous avec cette somme ? » et comparaison du lot en années de SMIC pour donner une idée au Français moyen.

Mai :

  • 1 : Manifs syndicales avec FO qui joue solo, rassemblement du FN et Julien et Sophie, 7 et 8 ans, qui vendent du muguet dans la rue pour se faire un peu d’argent de poche, le premier de leur vie.
  • 8 : Vétérans de 39-45 qui rendent hommage à leurs collègues morts au front.
  • Du 2 au 12 : la Foire de Paris fait le plein pour ce grand rendez-vous annuel des amateurs, chineurs et dénicheurs de bonnes affaires ! Pas moins de 500 000 visiteurs, un chiffre en léger recul la faute à la crise, sont attendus dans les allées de la Porte de Versailles. Inventions de génie (notamment la paille à boire qui fait aussi sarbacane empoisonnée pour se débarrasser de la belle mère avec classe lors d’un cocktail), prix salons et gros rabais devraient ravir petits comme grands, lesquels ont raqué 12€ pour rentrer dans cette succursale de vendeurs de piscines et de balancelles.
  • Mi-mai : Cannes et ses films intellectuels prétentieux et chiants qu’on regarde moins que les célébrités qui montent des escaliers recouvert de moquette rouge. Sujets fon-da-men-taux en vrac : dans quel hôtel est descendu Brad Pitt, les « frasques » de Samy Naceri, hahaha, Canal +, toujours aussi décalé leur plateau avec des stars en habits de soirée qui sont tutoyées pour faire transgressif, les soirées de la croisette et ces yachts luxueux où les caméras ont réussi à se frayer un chemin pour entrer et vous donner un vague air de rot soufflé au champagne, de petits fours et de verrines payées par la prod’, le 1/4 d’heure sur « Mais vous savez, il n’y a pas que la Palme et le Festival Un Autre Regard, une autre cérémonie se tient actuellement, ce sont… les Hots d’Or ! Et nous y avons croisé Jack Lang ! »
  • Dernier dimanche : la fête des mamans avec l’école de Fussoire-sur-Seine qui se met en quatre pour préparer des colliers de nouilles à leur génitrice.
  • Lundi de Pentecôte : depuis peu, un marronnier sur les entreprises qui ne travaillent pas ce jour-là.
  • Entre Mars et Mai, il y a forcément un épisode de gros grain et il y a forcément un reportage sur Marcel Macarel, producteur de fruits ou légumes, qui a perdu toute sa récolte.

Juin :

  • Mi-Juin : première épreuve du bac avec la philosophie où les journalistes s’imaginent plein de trucs porno-érotiques comme quoi on formerait les lycéens à devenir de grands penseurs, alors qu’en fait, il s’agit d’argumenter son point de vue en recrachant les théories des autres. Micro-trottoirs débiles où l’on interroge des gens sur les sujets qui sont tombés, et qui ont évidemment tout oublié du programme de terminale. Les autres épreuves sont passées sous silence et c’est juste si on parle du br…, du brev… du quoi déjà ? Quelques chiffres sur le cadet, le doyen, le nombre de fraudeurs, le nombre de copies, le nombre de correcteurs, etc.
  • 21 : voilà l’été, préparation de la fête de la musique.
  • 22 : la fête de la musique c’était trop cool, regardez ce qu’on a fait partout en France, avec quelques faits divers de coma éthylique par-ci par-là.
  • 22 – 30 : la saison s’annonce mal, en témoigne un organisme objectif et pas du tout partisan, le Syndicat de l’hôtellerie ou « l’Alliance Nationale des Restaurateurs Saisonniers », peu de réservations, mauvais temps, gouvernement trop con qui a fait du mal aux petits commerçants avec sa dernière loi (voir marronniers de septembre).
  • 30 : le présentateur du JT annonce fièrement qu’il se casse pendant un mois et demi, laissant la place à un second couteau dont on aura oublié le nom et le visage d’ici le 20 août. C’est officiellement les vacances à la télé (durée: deux mois et demi, pas comme chez ces feignants de profs… ), avec des tonnes de best-of, de bétisiers, de redifs, et de non-informations lénifiantes ânonnées par des stagiaires. Si le 11 septembre avait eu lieu un 15 août, personne ne s’en serait aperçu.
  • Un classique des préparatifs de vacances : notre enquête sur la salubrité des nombreux restaurants de bords de plage. Produits stockés à température ambiante, poissons indéterminés dont la date est dépassée depuis deux ans, chef cuistot qui se gratte les couilles en pétrissant la pâte à pizzas. Heureusement des fonctionnaires de la DGCCRF veillent et sont là incognito, avec leur carte tricolore épinglée à la poche de la chemisette et leur air de ne pas être capables de traverser au rouge.

Juillet :

  • Début juillet : soldes d’été, forcément catastrophiques pour les départements frontaliers.
  • 1 : début des vacances d’été pour la famille Chombier et M. Renfermé, instituteur de l’école de Fussoire-sur-Seine part à la retraite. Son départ la fait fermer.
  • le même jour : Les bouchons sur les autoroutes, tout de suite on rejoint Christophe Duchaussoy à la barrière de péage de Saint Arnoult en Yvelines : Alors Christophe ? – Il y a du monde et 233 kilomètres de bouchons cumulés ! (O RLY? ). Marine Suspine est, elle, en direct de la gare Montparnasse (la Gare de Lyon n’a plus la cote ?) avec les chiffres de trafic (dont on se fout éperdument) et l’interview des blaireaux de service (sac à dos et large sourire niais pour informer le monde qu’ils ont pris une demi heure d’avance et que tout s’est bien passé dans le métro…) C’est officiel « Ce sont les grands départs » mais pas encore « Le grand chassé-croisé entre juilletistes et aoutiens ».
  • 2 : reportages sur diverses communes qui ont obtenu le drapeau bleu. Il est désormais possible de voir une commune paumée en plein dans les terres qui utilise un obscur système de filtrage en dreadlocks végétales dans un bassin de rétention quelconque et qui a donc sa piscine certifiée « développement durable » pour concurrencer les plages.
  • 3 : nouveauté 2012, les perles du BAC qui donnent lieu à des commentaires de haute volée sur l’affaiblissement permanent du « niveau », la réforme du BAC, l’institution que tout le monde aime mais voudrait changer. De sérieux doutes font surface quant à l’authenticité de ces perles sachant qu’elles visent des matières ou des programmes impossibles (par exemple, en Histoire, il n’y a pas d’épreuve sur des événements se déroulant avant 1945),
  • 4/5 : les résultats du bac et les filles hystériques qui braillent « Je l’ai, je l’ai §§§ » dans leur smartphone. Interview du plus jeune bachelier, du plus vieux, du plus grand, du plus petit, de celui qui a eu 21/20, etc…
  • 10 : (Au choix ou tout à la fois si la météo n’occupe pas 90% du JT) la galère des naufragés du rail. Désormais, une nuit dans un train en rade sans la clim’ équivaut à des actes de torture et de barbarie selon la Convention Européenne des Droits de l’Homme. Abou Grahib, à côté, c’est une sortie de scouts à la Mer de Sable. Le reportage devra donner la parole à des gens avec des gueules de déterrés aux yeux gonflés de fatigue qui disent « On n’a pas eu d’information, le ministre exige un rapport, bouteilles d’eau, plateau repas, etc… »

OU

  • Les clients du charter en faillite bloqués en plein désert du Bélouchistan septentrional (Que fait le gouvernement ??? Le consul de France ne fait rien, on est pris en otage…),

OU

  • Le déballage de l’auvent du camping car belge (dans les reportages français sur le camping, la présence d’au moins un Belge – à la rigueur un habitant du 59 ou du 62 – est statutaire), avec le directeur du camping sur sa voiturette électrique, qui explique que tout est surbooké (c’est le même qui, la semaine dernière, annonçait sa future inscription à Pôle-Emploi, faute de clients),
  • 14 : fête nationale avec les préparatifs de Fussoire-Sur-Seine qui « vont bon train », et des images de feux d’artifice d’autres villages paumées tels que Paris, Marseille, Lyon… Le bal des pompiers. Et les salauds qui ruinent tout le bel esprit en commettant des dégradations pendant la fête : 15 interpellations, 8 blessés légers,
  • 16 : préparatifs des supermarchés en ce qui concerne la rentrée scolaire. Prix des fournitures qui augmentent, ah là là ma bonne dame tout devient cher.
  • 19 : la polémique enfle autour des occupations de terrains privés/communaux par des communautés de gens du voyage. Plusieurs maires font part de leur indignation et menacent de démissionner si le Préfet ne leur envoie pas la Légion étrangère pour les virer à coups de FAMAS, « Force doit rester à la loi, ils n’ont pas à s’approprier le stade de foot municipal ni empêcher la tenue de la rencontre avec le FC Fussoire-sur-Seine. L’association de riverains créée pour l’occasion « confirme une recrudescence des vols, dégradations et incivilités », « On se sent plus chez nous ». De leur côté, par la voix de leur porte parole, les gens du voyage « déplorent le manque cruel d’aires d’accueil alors qu’une loi oblige les municipalités endettées à en prévoir une, il y a bien un terrain, mais il est près de la route, et trop bosselé pour nos caravanes ». L’opposition monte, elle, au créneau en dénonçant « un traitement inhumain, des propos scandaleux et des manquements graves aux Droits de l’Homme qui garantissent à chacun des toilettes et un terrain de foot ».
  • 21 : les fameux « festivals » de l’été, qui rassemblent tout le gratin de « la rue de Valois », le sourire crispé aux lèvres pour regarder des troupes de théâtre avec des nanas aux coupes d’orphelinat et des mecs avec des physiques de transfusés de 1985. Quatre heures de cris débités par des gens en pulls de prof d’histoire géo qui regardent un mur. Petit détour par le festival « Off » et la traditionnelle grève des intermittents qui bloque un rassemblement qui attire la foule dans ces villes où les hôteliers souffrent du manque à gagner.

Août :

  • 1er : C’est officiellement les « vacances bien méritées » pour le Gouvernement et les Parlementaires (qui sont crevés le reste de l’année à dormir dans l’hémicycle). Commence alors une série de reportages dont le but est d’éviter le « syndrôme de Michèle Alliot-Marie » et prévenir une « Jean-François Mattéite » aigüe : en pleine crise, le Ministre ne peut pas partir loin dans des décors paradisiaques quand le reste de la France se ramasse une fiscalité dopée et il doit être près de Paris pour pouvoir revenir en cas de souci au lieu de donner une interview depuis son jardin, bronzé caramel, en polo manches courtes, avec les mômes qui gueulent dans la piscine et la fumée du barbecue qui passe dans le champ. C’est donc la tournée des destinations et du programme des vacances de chacun : un tipi dans la Creuse pour le ministre du logement (des ministres normaux prenant des vacances normales ), la maison familiale à Cannes, près du peuple, pour la Ministre des affaires sociales et le traditionnel Fort de Brégançon pour le plus normal d’entre tous, mais le nouveau ne sera pas aperçu à poil, hihihi.
  • En parlant de vacances il y a encore des Françaises et des Français qui ne partent pas, hè oui, 1 sur 5 disent les statistiques. Reportage donc, à Fussoire-sur-Seine pour voir les ateliers mis en place par la Mairie, la MJC et Centre d’Action Local des Prêtres Ouvriers pour distraire les gamins désoeuvrés avant qu’ils n’incendient la salle polyvalente.
  • 15 : fêtes de la Mer un peu partout en France.
  • Semaine du 15 : pour les prolétaires restés à Vitry sur Seine ou pour ceux qui se font chier comme des rats séchés un soir d’août pluvieux, un « Enquête Esclusive » ou « Sens Interdit » sur « Les français en vacances » avec trois familles : des méga bourges à St Barth qui louvoient entre tennis, golf et boites de nuit huppaÿ, des gros beaufs en camping à Dunkerque, dans un truc qui sent la frite, les soirées à thème et le Ricard et une famille classique en VVF. Autre possibilité de reportage : « Les jeunes : étudiants l’année, travailleurs l’été » avec les petits boulots merdiques, « Notre équipe a suivi Jonathan et Déborah, l’un vendeur de glace chargé comme un break 504 Peugeot direction Marseille, à marcher 6 heures en plein cagnard pour être payé un coup de pied au cul et au lit, l’autre, serveuse dans un bar aux prix exorbitants, qui se veut « grand restaurant de poisson » alors que tout le monde a le mal de mer après avoir bouffé l’assiette de crevettes frites ».
  • 16 : Éternel débat sur l’allocation de rentrée scolaire.
  • Fin du mois : c’est l’occasion de voir le bronzage sur le présentateur du JT. Fin des vacances d’été pour la famille Chombier également.

Septembre :

  • Première semaine : rentrée des classes, avec les mômes qui découvrent l’école primaire (Et Kévin, 7 ans, se sent comme chez les grands), l’école maternelle (Avec des images de Marjorie, 3 ans, qui pleure à l’idée de quitter sa maman ) ou bien le collège (Et Brian, 12 ans, se croit adulte).
  • La traditionnelle « Grande braderie de Lille » : accourez m’sieurs dames, venez acheter les objets qui ont été cambriolés pendant cet été, les bons plans des « chineurs amateurs », ces bonnes affaires que vous loupez, plans dynamiques sur la montagne de coquilles de moules, le type tout sourire qui a acheté un vélo dans un état proche du neuf àpacher, la gourde qui se barre avec une lampe vieillotte pour remplir son pavillon, les faux bons plans type « J’habille mon enfant pour la rentrée à la grande braderie, c’est une solution à laquelle on a recours en ce contexte de rentrée difficile ».
  • Bilan de la saison des commerçants, vendeurs de glaces et de barrettes de gras sur les plages du Grau du Roi : finalement, c’est pas aussi naze qu’on le pensait (ce qui veut dire, en langage moins politiquement correct « On s’en est mis plein les fouilles » )
  • Tout augmente. Reportage chez Germaine, à Fussoire-sur-Seine, qui fait remplir la cuve à fioul de sa petite maison. « 3 centimes de plus par litre, ça représente une augmentation douloureuse dans le contexte de crise actuel, surtout pour les petites retraites. Mais en se regroupant avec plusieurs voisins dans la même situation et en négociant le tarif pour un plus gros volume, c’est une remise de pas moins de 1,5 centime qui a été consentie à Germaine. Une véritable bouffée d’oxygène pour ces habitants. » Autres solutions utopistes pour sortir de cette situation : reportage chez des gens qui ne se chauffent plus et chez des plein de fric qui ont fait installer un poêle à granulés de bois et refaire totalement l’isolation de leur maison en meulière, 200m² habitables déjà passée deux fois dans « Du côté de chez vous ».
  • Courant du mois : putain c’est cool cet été indien.

Octobre :

  • Tout le mois : Vendanges. Chez Pernal : les vendanges « à l’ancienne » à Fussoire sur Seine, reportage dans cette famille de viticulteurs de père en fils, plans de toute la famille, les pieds dans la cuve à piétiner du raisin aigre. Petit mot de la fin sur « Voilà une bien belle entreprise que n’auront pas les chinois qui rachètent tous les vignobles traditionnels ». Chez Lucet et consorts : « ces cépages qui ont la cote », le grand retour du bordelais/côtes du Rhône/Bourgogne, storytelling sur comment ce métier ancestral s’est modernisé avec l’arrivée des gadgets technologiques : le vieux au pif couperosé qui monitore la fermentation dans des cuves en alu depuis un smartphone qui a l’air tout petit dans ses gros doigts terreux. Les difficultés de trouver des vendangeurs, la faute à Hollande et à l’afflux des pays de l’est. Tiens, ça faisait longtemps : les vendanges, ce petit boulot d’étudiant qui met à l’honneur la camaraderie avinée et laisse tant de bons souvenirs et de chouettes tendinites.
  • Le 6 : le froid revient. L’occasion de lancer un marronnier qui dure la saison : se rappeler qu’il y a des gens qui dorment dans la rue. Reportages dans le bois de Vincennes, café fumant et nez qui coule d’un mec à la barbe hirsute mais pas trop, faut attirer la pitié. Interview d’un enfant de Don Quichotte, au choix : dans un bureau aux murs décrépis avec derrière, une affiche « LE COMBAT CONTINUE », ou dehors, avec en arrière plan, une distribution de matelas, de bouffe et de tentes. Historique des promesses politiques non tenues depuis Mitterrand. S’il ne se passe rien d’autre, l’historique va jusqu’à sortir des images de l’INA sur le bidonville de Nanterre pour montrer que « décidément, rien n’a changé ».
  • 31 : Halloween. Mais si, ce cadavre de fête imposée remue encore !

Novembre :

  • 1 : Toussaint, avec Mme Grincheuse qui va honorer la tombe de son mari à Fussoire-Sur-Seine, après un reportage sur le business des chrysanthèmes. Possibilité de fait divers concernant la profanation de tombes.
  • Première semaine : le Goncourt. Ce prix prestigieux, « faiseur de rois » en quelque sorte, qui va euh, « propulser » un ouvrage en tête de gondole et des ventes ! Reportages sur la vie d’ascète de l’auteur, son parcours pas formaté entre Khâgne et Sciences Pipo, les membres du jury, la difficulté à trouver un gagnant tellement tout est super génial dans la littérature française moderne.
  • 11 : Vétérans de 14-18 qui rendent hommage à leurs collègues morts au front. Enfin, en théorie, ils sont tous morts maintenant. Presque 100 ans hein.
  • Mi-Novembre : le Beaujolais Nouveau dont raffolent les Japonaises (サンテ !) et qui a un goût de tout et n’importe quoi, sauf de vin.
  • Mi-Novembre : après avoir copieusement picolé dégusté le mauvais Beaujolpif, c’est l’ouverture de la chasse, ce rituel annuel qui permet d’aller tirer sur des bêtes qui n’ont rien demandé mais qui rend le chasseur, Homme, en lui permettant de porter des slips en peaux de bêtes qu’il a abattues lui-même. Et aussi de « réguler la prolifération des espèces », comme on lui a dit de répéter à l’amicale des chasseurs de Fussoire-sur-Seine.

Décembre :

  • En cas de grand froid : le Secours Populaire qui vient en aide aux SDF qui se les gèlent, mais ces ingrats ne veulent pas venir au foyer conçu pour eux. Ils veulent pas voir d’autres personnes ou se faire piquer leurs affaires à ce qu’il paraît. Possibilité de manifestation des Don Quichotte. Envoi de journalistes qui risquent un arrêt maladie dans des milieux paumés recouverts par 50 cm de neige.
  • 6 : Reportage dans le ch’nord de la ch’France, où c’est ch’Saint-Nicolas qui distribue les friandises et où c’est le ch’Père Fouettard qui distribue des coups de fouet aux gniards.
  • 15 : Reportage sur le centre postal de Libourne où les employés doivent trier des lettres au Père Noël qui finiront de toutes façons au feu le 2 janvier suivant ; pas de place pour archiver de telles conneries, nan mais oh.
  • 17 : « Images spectaculaires de cette tempête de neige qui frappe toute la côte Est des Etats – Unis », vocabulaire limité à « totalement paralysé », « coupé du monde », « services de secours sur les dents », « pannes monumentales » sur fond d’images qui tournent avec des carambolages dantesques, des gens qui déblayent des rues, des groupes emmitouflés et le con qui sort torse nu pour troller le reporter en doudoune à capuche fourrée.
  • 23 : Images de Rovaniemi, en Finlande, où un figurant qui joue le Père Noël fait 150 mètres en traîneau, pour faire croire aux moutards que la distribution des jouets a commencé.
  • 24 : Les dernières courses. Ils ont des gueules blasées, pas d’idées, s’y sont pris au dernier moment, bref, ils galèrent à la queue de la FNAC, avec des cernes et des valoches sous les yeux, ont les bras chargés de cadeaux merdiques comme des cartes cadeau, des coffrets « Cours de cuisine, comme un chef !  » et super personnalisés.
  • 24 : Le repas du réveillon. Ce soir, les français se pètent la panse, dans un contexte de crise, ils mettent les petits plats dans les grands. Micro-trottoir + micro-commerçants : Alors, c’est quoi le menu ?
  • 25 : Nawël. Avec Kévin et Marjorie qui ouvrent leurs cadeaux que le Papa Noël leur a offert avec sa paye d’employé. Cette année, il a choisi des jouets incassables, c’est à dire pas encore démolis au Nouvel An.
  • 31 : Raÿvaÿon. Reportage sur les CRS qui quadrillent Strasbourg afin d’éviter des incendies de voitures. Satisfaction du ministère de l’Intérieur.
  • 31 : Raÿvaÿon ! Images de l’Australie, qui avec le décalage horaire est déjà l’année prochaine ! Tour des feux d’artifice à Melbourne, Sidney, Honk Kong et plan sur Times Square où la foule patiente dans la bonne humeur.

Mois flottant :

  • Ramadan : le grand coup d’envoi pour plus de ouatmiyards de croyants, traditionnel reportage chez le chef d’entreprise compréhensif qui accepte d’aménager les horaires pour ceux qui se lèvent pour bâfrer à 4 du mat’, micro-trottoir « C’est pas trop dur avec cette chaleur ? Ces gens qui mangent autour de vous ? », la petite phrase du FN sur la menace, le grand péril arabe etc.

Source : Hardware.fr

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Webmasters, arrêtez de faire le boulot de la NSA

Les journaux ont beau jeu de dénoncer l’espionnage des populations par quelques multinationales et Etats.
Pourtant derrière ce discours, les mêmes journaux livrent quotidiennement les données personnelles de leur lecteurs directement aux mains de ces mêmes multinationales du tracking et participent ainsi activement au fichage et profilage qu’ils dénoncent. Petit aperçu de la presse française :

Par exemple, sur Mediapart est bourré d’outils de statistiques, ce qui est bien étrange car il n’a aucune nécessité publicitaire :

  • Google (Analytics, Favicons,  Google+)
  • Facebook
  • Twitter
  • Xiti
  • Chartbeat

Sur Reflets.info, dont on ne peut nier la compétence technique :

  • Google (fonts)
  • WordPress.com Stats
  • Twitter

Sur Liberation.fr :

  • Chartbeat
  • SmartAdserver
  • Google (Google Tag Manager)
  • Xiti
  • Panoplie de sites publicitaires

Sur LeMonde.fr :

  • SmartAdserver
  • Chartbeat
  • Xiti
  • Yandex.ru
  • Panoplie de sites publicitaires

Sur leFigaro.fr :

  • Google (Analytics, Favicon)
  • SmartAdserver
  • Xiti
  • Facebook
  • Twitter
  • Panoplie de sites publicitaires

Sur l’Express :

  • Google (Analytics, API)

Sur le Nouvel Obs :

  • Google (Analytics, API)
  • Chartbeat
  • Twitter
  • Facebook
  • Xiti

Sur Numerama:

  • Google (Analytics, API, Google+, Google Tag Manager)
  • Twitter
  • Facebook
  • Xiti

Sur NextInpact (anciennement PCInpact), en étant logué comme abonné payant (et donc sans publicité):

  • Google (Analytics, fonts)
  • Xiti

Sur Korben :

  • Google (Analytics, Google Tag Manager)
  • Disqus
  • Panoplie de sites publicitaires

Je crois que ce serait bien plus efficace que chacun commence par balayer devant sa porte si on veut avancer vers un internet qui respecte la vie privée. Si vous connaissez des gens travaillant pour ces sites web, n’hésitez pas à leur demander des comptes.

C’est trop facile de faire une pétition qui n’a aucune chance d’aboutir (vous ne voyez pas que même un référendum, le pouvoir politique s’en cale) ou d’apposer une futile bannière « Reset the net » (on dirait du « green-washing ») pendant une journée.

Ce serait néanmoins dommage de terminer cet article sans rendre hommage aux bons élèves : Framablog, Sebsauvage, Standblog, Wikipedia

 

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Contre l’Etat d’exception

J’ai lu sur Mediapart un bon article à propos de l’utilisation d’Internet par les politiciens pour contrôler les citoyens qui devrait intéresser les geeks ici puisque ça parle Snowden, Assange, Zimmermann… et de la liberté de diffuser pour savoir. Je vous le reproduit ci-après car Mediapart n’est pas libre d’accès (c’est très contradictoire n’est-ce pas?).

Je vous encourage néanmoins à lire Mediapart car il y a vraiment de bons articles (combien Dexia va nous coûter pendant que ses dirigeants se sont barrés avec leur parachutes dorés en toute impunité, comment Carla Bruni se sert des caisses de l’Elysée pour donner 100’000€ à ses potes en facturant la mise en place de site web WordPress :D).

Contre l’État de droit, l’État d’exception devient la règle, et notre coupable indifférence lui fait la courte échelle. Une exception planétaire, sans frontières et sans limites, qui voudrait s’imposer comme une norme universelle avec la force de l’évidence et le renfort de l’habitude.

Prenant son origine dans la riposte nord-américaine aux attentats du 11 septembre 2001, ce coup d’État silencieux contre nos libertés fondamentales s’est étendu partout au nom de la guerre contre le terrorisme, dans le secret d’une surveillance généralisée qui unifie et solidarise une sorte d’État-monde profond, commun à toutes les nations par-delà leurs drapeaux et leurs hymnes.

De cet affrontement global entre nos droits individuels – droits à l’expression, à l’opinion, au savoir, au mouvement, à la contestation, à la croyance, à la différence, etc. – et une politique réduite à la police, prête à les sacrifier au nom d’un droit supérieur à la sécurité collective, Internet est désormais le premier champ de bataille. Internet et, plus largement, tous les nouveaux territoires de communication ouverts à nos curiosités, échanges et partages, par la révolution numérique.

Confirmation des paradoxes et défis des temps de transition (à l’image de ce que fut la Renaissance européenne, temps d’ouverture comme de fermeture, de guerres obscures et de pensées libérées, d’inventions et de destructions), notre ère numérique est au carrefour de son destin. Progrès ou régrès, elle hésite encore : entre l’avènement d’un nouvel espace public, où prend forme une démocratie retrouvée et réinventée, et l’émergence secrète d’un monde orwellien, de soupçon indistinct et de surveillance permanente.

Tel est l’enjeu de l’affaire Edward Snowden. Et d’abord son bienfait, tant les révélations apportées par cet ancien contractuel de la CIA – et qui sont encore à venir, au-delà du programme Prism – obligent à prendre la mesure de la dérive liberticide assumée par les États-Unis et de ses effets de contagion en Europe même. Immense continent enfoui sous l’alibi sécuritaire, la National Security Agency (NSA)espionne le monde entier hors de tout mandat ou contrôle judiciaires, ses institutions légales comme ses citoyens ordinaires, les ambassades de pays alliés comme les réseaux sociaux, les institutions européennes comme les utilisateurs de Skype, les mails comme les conversations, etc. (lire ici notre synthèse).

La nouveauté n’est pas la surveillance planétaire – déjà documentée à la fin du XXe siècle par la révélation du programme Echelon – mais sa dimension débridée et démesurée, hors contrôle et sans limites, faisant de n’importe qui, n’importe quand et n’importe où, sa cible. Cette extension infinie de son domaine, à l’abri des nouvelles libertés de communication offertes par la révolution numérique, est, d’initiative nord-américaine, le fruit légal de l’illégalisme foncier du Patriot Act, loi d’exception adoptée sous le choc des attentats de 2001. Or l’opinion publique mondiale découvre soudain que ces pouvoirs spéciaux ne visent pas que les supposés ennemis terroristes mais, potentiellement, tout un chacun, l’immensité des internautes ordinaires.

Les incommensurables violations du droit commun – enlèvements, tortures, isolements, disparitions, détentions sans jugement, exécutions extra-judiciaires, frappes aveugles, etc. – banalisées par l’instauration d’une guerre irrégulière contre l’ennemi terroriste ont donc frayé la voie d’une banalisation de l’exception sécuritaire, jusqu’au viol sans contrainte des droits fondamentaux des individus, quels qu’ils soient – leurs correspondances, leurs conversations, leurs amitiés, leurs relations, leurs agendas, leurs contacts, leurs réseaux, leurs vies privées… C’est une vieille règle, vécue en France pendant la guerre d’Algérie avec les « pouvoirs spéciaux » votés sous la gauche, que toute instauration d’un pouvoir d’exception risque de gangréner la règle démocratique, jusqu’à la mettre en péril.

Nous comprenons soudain que notre trop grande indifférence collective au sort des prisonniers de Guantanamo, devenus les masques de fer d’une politique de la peur sans frontières, nous a désarmés face aux visées expansionnistes des appareils policiers et militaires, à leur tentation récurrente d’agir à l’abri des regards, des débats et des contrôles. Ne pas avoir su défendre les principes de la justice et du droit, y compris au bénéfice de ceux qui ne les respectent pas, nous a exposés à l’affaiblissement progressif de nos propres libertés. Et à l’affaiblissement redoublé de notre capacité à les protéger, tant la banalisation de l’impératif sécuritaire, son urgence brandie pour faire taire toute discussion, nous a habitués à la normalité de l’exception.

Que, dans leur souveraineté, les États puissent légitimement se défendre face à des menaces identifiées, surveiller et espionner pour les prévenir, et avoir droit à leur part de secret pour y réussir n’est pas en discussion. Mais, de même que la lutte contre le terrorisme ne relevait pas de la guerre – sauf à vouloir une guerre sans fin qui nous enferme dans la peur de l’autre –, l’espionnage n’est en rien une pratique sans limites dont la société tout entière pourrait être la cible. Du moins en démocratie. En l’énonçant, l’on cerne d’emblée le poison politique introduit par la politique de la peur : désignant un ennemi global et indistinct, elle a effacé les frontières de la suspicion et, donc, du licite, faisant du monde du secret d’État le cœur de la politique, au détriment et à l’inverse du principe de publicité qui est au ressort théorique de la délibération et de la souveraineté démocratiques.

De cet État dédoublé, de règle démocratique en surface, d’exception policière en profondeur, la question du droit à l’information offre une exemplaire démonstration. Car la preuve qu’il s’agit bien de démocraties hors de leurs gonds, sorties du droit et reniant leurs principes, c’est que les gouvernants qui ont initié ou accepté cette dérive ne craignent rien tant que son dévoilement. Et, de ce point de vue, il en est allé de même, hélas, sous l’administration du démocrate Obama que sous celle de son prédécesseur conservateur Bush.

Bradley Manning (en uniforme) et Edward SnowdenBradley Manning (en uniforme) et Edward Snowden

La persécution sans précédent des rares lanceurs d’alerte, qui n’ont écouté que leur conscience de citoyens face aux illégalités et aux crimes dont ils étaient témoins, est à elle seule l’aveu de la transgression politique commise : la vérité est si scandaleuse qu’il faut à tout prix faire taire ceux qui l’énoncent, les calomnier et les discréditer. Outre leur jeunesse audacieuse, leur radicalité démocratique et leur culture numérique, le soldat Bradley Manning, le hacktiviste Julian Assange, l’informaticien Edward Snowden ont ce point commun d’avoir été traités par la puissance américaine comme des espions, donc des ennemis et des étrangers, bref des adversaires sans légitimité aucune. Étonnant spectacle que celui d’une démocratie, économiquement et militairement omnipuissante, qui s’acharne sur quelques dissidences individuelles tout comme le feraient (et le font, en Chine notamment) des régimes autoritaires. Aveuglée comme le serait un Goliath assailli par les frondes de nos David numériques.

C’est ainsi que, depuis 2010, est arrêté, détenu et jugé Manning qui, à 25 ans, encourt une peine de prison à vie pour, via WikiLeaks, avoir alerté sur les violations des droits humains commises par l’armée américaine et avoir mis à nu une politique étrangère impériale, agressive et dominatrice. C’est ainsi que Julian Assange, fondateur à 35 ans de WikiLeaks, vit reclus, depuis plus de deux années, dans une pièce sans fenêtres de l’ambassadeur d’Équateur à Londres, afin d’échapper à une possible extradition aux États-Unis au motif d’une conspiration sur le fondement de l’Espionage Act de 1917. C’est ainsi, enfin, que Edward Snowden, 30 ans, est soudain devenu paria d’une planète sans visa pour avoir dévoilé, notamment via The Guardian, l’ampleur abyssale d’un espionnage électronique américain qui juge illégitime tout secret, quel qu’il soit, autre que le sien, celui qu’il s’arroge au nom de la puissance.

Ne pas les défendre, c’est s’abandonner, voire se renier. Ne pas leur porter assistance, c’est renoncer à nos propres idéaux, ceux que nos gouvernants sont si prompts à brandir face à des régimes autoritaires – du moins quand ils sont faibles, marginaux ou minoritaires. Car, à travers Snowden, Assange et Manning, ce sont des principes démocratiques, des droits individuels et des libertés fondamentales qui sont attaqués. Et dont leurs persécuteurs veulent nous amener à accepter, par silence, complaisance ou indifférence, les reculs, régressions et diminutions. Qui, quel citoyen, quel journaliste pourrait contester que les informations révélées par ces trois personnes soient d’un intérêt public essentiel, non seulement pour l’avenir de nos États démocratiques mais pour celui d’un monde commun, plus solidaire, plus pacifique ?

Pentagone Papers: Daniel Ellsberg en couverture de Time Magazine, 5 juillet 1971Pentagone Papers: Daniel Ellsberg en couverture de Time Magazine, 5 juillet 1971

Qui pourrait nier que ces faits dévoilés relèvent de ce droit de savoir (the right to know) que célébrait, à son propre avantage, la démocratie américaine à l’époque de la divulgation des Pentagone Papers, ces documents secrets éclairant soudain la face cachée de la guerre américaine contre le peuple vietnamien ? Qui pourrait contester que ces fuites furent salvatrices, utiles au débat public et à la réflexion démocratique comme le furent les 7 000 pages de documentation top-secrète fournies en 1971 par l’analyste Daniel Ellsberg au New York Times ?

Dès lors, il n’est pas permis de se tromper : en frappant ces pionniers de l’information à l’ère numérique, à la fois aventuriers et irréguliers, défricheurs et inventeurs, c’est le métier d’informer tout entier, sa légitimité démocratique et ses garanties protectrices, qu’il s’agit de soumettre. En neutralisant l’avant-garde turbulente, c’est la troupe moutonnière que l’on entend faire rentrer dans le rang. Car informer, informer vraiment, faire savoir ce qui, d’ordinaire, ne se sait pas, rendre public ce qui est indûment caché, c’est évidemment bénéficier de fuites (leaks en anglais), c’est-à-dire de sources qui prennent le risque de transgresser leurs secrets professionnels au nom d’un impératif supérieur, celui de l’intérêt public.

Il suffit de se rendre sur la page « États-Unis » du site de Reporters sans frontières (RSF), organisation peu suspecte de faiblesse vis-à-vis des pouvoirs autoritaires, pour prendre la mesure de ce qui se joue ici d’essentiel pour l’information et de vital pour la démocratie, donc de décisif pour les peuples. Outre des prises de position sans réserve en faveur d’Edward Snowden et de Bradley Manning, exprimées solidairement avec Julian Assange, on y trouve la ferme condamnation de la surveillance dont a fait l’objet l’agence Associated Press, afin de connaître certaines de ses sources, et le rappel du cas, trop oublié, du journaliste Barrett Brown, 31 ans, arrêté depuis 2012 parce qu’il enquêtait sur la société de renseignement privé Stratfor dont les mails ont été diffusés par WikiLeaks. Son procès doit s’ouvrir en septembre prochain : il risque 105 ans de prison !

Le 3 mai 2012, le président Barack Obama faisait une déclaration solennelle à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Il y défendait « le rôle d’une presse libre dans la création de démocraties pérennes et de sociétés prospères », rappelant le principe énoncé par la Déclaration universelle des droits de l’homme, en son article 19, selon lequel « toute personne a le droit de chercher, de recevoir, de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit ». Mais, soulignant que « ce droit demeure en péril dans beaucoup trop de pays », il ne citait que les pays suivants : Birmanie, Viêtnam, Syrie, Érythrée, Équateur, Biélorussie, Cuba.

En 2013, il s’est abstenu. Plus facile en effet de dénoncer, avec cette arrogance bien-pensante du fort pour les faibles, les atteintes aux libertés des régimes autoritaires de petites Nations que de s’inquiéter de leur régression dans son propre Empire démocratique. Que peut dire désormais, sur ce même sujet, le président des États-Unis à la Russie de Vladimir Poutine, démocratie d’extrêmement basse intensité – et c’est encore un euphémisme –, après l’avoir suppliée de lui livrer Edward Snowden, lequel n’a eu d’autre choix que d’accepter la porte de sortie moscovite, piégée évidemment mais la seule qui s’offrait à lui ? Quelle sera, demain, la légitimité d’Obama à reprocher à la Chine du parti unique sa persécution des informations non contrôlées par le pouvoir, des citoyens qui les diffusent et, surtout, des lanceurs d’alerte qui les dévoilent ?

Comment promouvoir un principe chez les autres si on ne le défend pas pour soi-même ? Car la seule faute commune de Manning, Assange et Snowden, c’est d’avoir donné vie à un acteur démocratique de plus en plus reconnu par la communauté internationale : le lanceur d’alerte, justement. De colloques en sommets, de rapports en conclaves, on ne compte plus les occasions récentes où il a été promu, débattu et défendu, comme le rappelle un récent document du Conseil de l’Europe (son fichier PDF est ici) – dont la Russie est un État membre et dont les États-Unis sont un pays observateur.

Signalant de bonne foi des actes illicites à l’opinion et, donc, aux autorités d’un pays démocratique, les lanceurs d’alerte (whistleblowers en anglais, autrement dit ceux « qui donnent un coup de sifflet ») ne sont pas des dénonciateurs, qui livreraient, par exemple, à un État policier des informations sur ses opposants, mais des acteurs essentiels de la démocratie qui font prévaloir un intérêt public supérieur sur leurs devoirs professionnels. Aussi la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme est-elle aussi explicite que constante dans sa défense des donneurs d’alerte.

« Dans un système démocratique, lit-on ainsi dans un arrêt de 2008 (Guja c. Moldova), les actions ou omissions du gouvernement doivent se trouver placées sous le contrôle attentif non seulement des pouvoirs législatif et judiciaire, mais aussi des médias et de l’opinion publique. L’intérêt de l’opinion publique pour une certaine information peut parfois être si grand qu’il peut l’emporter même sur une obligation de confidentialité imposée par la loi. » Une résolution adoptée en 2010 par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a même énoncé des principes de protection des lanceurs d’alerte, en invitant les États membres à revoir en ce sens leurs législations nationales.

On y lit notamment ceci : « La définition des révélations protégées doit inclure tous les avertissements de bonne foi à l’encontre de divers types d’acte illicites, y compris toutes les violations graves des droits de l’homme, qui affectent ou menacent la vie, la santé, la liberté et tout autre intérêt légitime des individus. » La même année 2010, au Sommet de Séoul, les dirigeants du G20 n’hésitaient pas à faire de la protection des donneurs d’alerte l’un des domaines prioritaires de la politique mondiale de lutte… contre la corruption. Car évidemment tous ces États ont, d’un commun accord, pris garde d’exclure du champ des lanceurs d’alerte ce qui relève de la défense nationale ou de la politique étrangère.

Mais qu’en est-il si cette protection de l’État profond, sécuritaire et policier, cache à son tour des actes illicites, des violations graves des droits, des atteintes aux libertés ? C’est la question dérangeante qu’ont posée Manning, Assange et Snowden, dévoilant l’hypocrisie foncière de cette ligne de partage entre lumières démocratiques et ombres sécuritaires. Depuis, le sort injuste fait par la Suisse au Français Pierre Condamin-Gerbier, lanceur d’alerte sur la fraude fiscale embastillé après ses révélations à la presse, à la justice et aux parlementaires, met en évidence que la sécurité nationale peut être aussi l’alibi d’une protection de la corruption, dès lors qu’un État identifie ses intérêts propres à ceux de la finance mondiale.

Heureux effet de levier des fuites organisées par Edward Snowden, le Conseil de l’Europe s’interroge désormais sur cette sanctuarisation de l’État sécuritaire, constatant l’utilité de révélations publiques, et donc de fuites légitimes, sur les abus de droit qu’il abrite ou tolère. Rapporteur fin juin dernier pour l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, le socialiste espagnol Arcadio Diaz Tejera a discuté cette tension entre sécurité et liberté (fichier PDF de son rapport ici), en affirmant à la fois que des intérêts de sécurité nationale sont « des raisons suffisantes pour retenir l’information détenue par les autorités » mais que, en même temps, « l’accès à l’information représente une composante essentielle de la sécurité nationale, en favorisant la participation démocratique, l’élaboration de politiques solides et le droit de regard du public sur l’action gouvernementale ». Autrement dit, il faut laisser place au conflit, au débat et, donc, aux révélations légitimes.

Sous la pression des révélations apportées par Edward Snowden et des solidarités qui l’entourent, notamment parmi les défenseurs d’une démocratie américaine rendue à la promesse constitutionnelle de son Premier amendement, de défense radicale de la liberté d’informer, Barack Obama a finalement dû reconnaître d’où venait le mal : du Patriot Act. De cette loi d’exception adoptée à l’automne 2001, jamais remise en cause sous sa présidence, et non pas des fuites dont a bénéficié la presse. Sur la défensive, le président américain a de fait admis, lors de sa conférence de presse du 9 août, son échec essentiel : ne pas avoir démantelé l’État d’exception ainsi enfanté, installé à demeure américaine depuis plus d’une décennie.

 

Un des livres de référence sur les dérives de l'antiterrorisme (La Découverte, 2008)Un des livres de référence sur les dérives de l’antiterrorisme (La Découverte, 2008)

Car qu’est-ce que le Patriot Act ? Tout simplement le pouvoir légal d’agir hors la loi. Sans procédure, ordonnance ou mandat judiciaires. En ne relevant que du pouvoir exécutif, et donc du seul aval présidentiel. Tel fut le coup d’État réussi des néo-conservateurs, profitant de l’effet de choc et d’aveuglement du 11-Septembre : mettre l’État sécuritaire à l’écart des contre-pouvoirs démocratiques, hors contrôle parlementaire ou médiatique, en faisant de la guerre (contre le terrorisme) non plus un exception mais une norme, non plus un moment limité dans le temps mais une continuité permanente, sans terme ni fin.

Bref, cette loi est en elle-même un crime contre la démocratie. Illustration des hautes motivations de nos donneurs d’alerte, nul hasard si Glenn Greenwald, le destinataire choisi par Snowden pour ses révélations, est un avocat devenu blogueur en 2005 pour la dénoncer inlassablement, sous l’intitulé How Would a Patriot Act ?, avec ce sous-titre : En défense des valeurs américaines. Porté à la Maison Blanche par cette contestation et ce sursaut, Barack Obama n’aura finalement soigné que les effets et pas la cause. Certes la torture a été heureusement bannie, mais le bagne de Guantanamo est toujours là, avec des prisonniers toujours à l’isolement et toujours pas jugés, qui n’ont d’autres armes pour protester que la grève de la faim.

Surtout, le champ de manœuvres de l’État sécuritaire n’a cessé de s’étendre en profitant de la révolution industrielle et culturelle, voire civilisationnelle, dont le numérique est le moteur technologique. Par leur ampleur trop insoupçonnée, la guerre des drones comme l’espionnage d’Internet sont la traduction pratique, au cœur de notre modernité, de l’ascension d’un État d’exception d’où peuvent émerger de nouvelles formes de domination totale, sans espace pour les contester publiquement ou les remettre en cause concrètement. Car, en démocratie, idéal toujours inachevé, en construction permanente, la frontière entre crispations conservatrices, autoritaires et guerrières, et dérives totalitaires n’est jamais totalement étanche. Seule la vitalité du débat, la vigilance de l’opinion, la force des contre-pouvoirs peuvent la consolider.

Théoricien reconnu de l’État d’exception, Carl Schmitt (1888-1985) en témoigne : indéniablement puissante et créative, l’œuvre de ce juriste allemand, passé du conservatisme au nazisme, ne désigne pas seulement ce qui fut, cette barbarie européenne dont il a été le complice, mais aussi bien ce qui pourrait être, si nous n’y prenons garde. Proclamer l’exception, c’est déjà faire taire toute contestation : « Est souverain celui qui décide de la situation exceptionnelle », écrit Schmitt dans Théologie politique, paru en 1934, un an après l’arrivée au pouvoir de Hitler. C’est ensuite désigner à la société un ennemi inépuisable, dont l’irrégularité déclarée appellerait elle-même une riposte irrégulière, hors norme et hors règle : « Avec l’exception, la force de la vie réelle brise la carapace d’une mécanique figée dans la répétition. »

Une photo offerte par le site de soutien bradleymanning.orgUne photo offerte par le site de soutien bradleymanning.org

Dès lors, la peur devient l’argument du pouvoir, dressant la société contre elle-même dans un fantasme d’homogénéité et l’entraînant dans une quête infinie de boucs émissaires où l’Autre, le différent, le dissemblable, le dissonant, prend la figure de l’Étranger, d’une étrangeté aussi intime que menaçante. Aussi l’adversaire est-il sans embarras qualifié d’ennemi intérieur, figure de l’altérité qu’il faut à tout prix réduire ou exclure, voire anéantir par une contre-violence préventive. Il suffit d’écouter, y compris en France, y compris sous l’actuel gouvernement par la bouche de son ministre de l’intérieur, Manuel Valls, les lieux communs du discours de guerre au terrorisme dit islamiste pour sentir la voix de cet État d’exception qui rabat la politique sur la police.

Le confort sécuritaire qu’il promet est une illusion, où s’égare, se perd et se ruine la démocratie : sa vitalité, son pluralisme, ses conflits créateurs, sa diversité stimulante, etc. Comme l’a illustré la grande lâcheté européenne – et spécifiquement française dans l’affront fait au président bolivien Evo Moralès – face au sort d’Edward Snowden, nous ne devons pas compter sur nos gouvernants pour conjurer ce péril. Du moins pas en premiers… Mais d’abord sur nous-mêmes. Sortir de l’indifférence, assumer nos indignations, prendre nos risques. C’est l’autre leçon apportée par l’irruption de lanceurs d’alerte planétaires : l’ébauche d’une politique nouvelle, de réseaux et de liens, d’inattendu et d’imprévu, du faible au fort, où les fragiles tâtonnements d’un monde à venir révèlent de meilleurs stratèges que l’aveugle puissance d’un monde en déclin.

« Internet, le meilleur de nos instruments d’émancipation, est devenu le plus redoutable auxiliaire du totalitarisme qu’on n’ait jamais connu. Internet est une menace pour l’humanité. » Début 2013, quelques mois à peine avant les révélations sur l’espionnage généralisé de la NSA, paraissait en France cette mise en garde alarmiste sous la signature… de Julian Assange.

Titre anglais du livre de Julian Assange, paru en 2012: "Cypherpunks, Freedom and The Future of Internet"Titre anglais du livre de Julian Assange, paru en 2012: « Cypherpunks, Freedom and The Future of Internet »

Livre militant d’échange avec d’autres hacktivistes numériques, dont le Français Jérémie Zimmermann de la Quadrature du NetMenace sur nos libertés (Robert Laffont) ne décrit pourtant que ce qui fut confirmé par les révélations d’Edward Snowden qu’en quelque sorte, cet ouvrage appelait de ses vœux : « Si cette transformation n’a pas fait de bruit, c’est parce que ceux qui en sont conscients travaillent dans l’industrie de la surveillance mondiale et n’ont aucun intérêt à prendre la parole. »

Prendre conscience de la catastrophe, c’est le meilleur moyen de l’éviter. Dialectique de l’inquiétude et de l’espérance, l’alerte tôt lancée par Assange et ses compagnons vise à mobiliser : la bataille est en cours et son issue n’est pas jouée. Bataille entre les nouveaux territoires libérateurs offerts à nos rêves de concorde, de partage et d’échange par le numérique et leur conquête par les appareils étatiques, alliés des machineries marchandes.

« L’État nous a privés de l’indépendance dont nous avions rêvé », écrit Assange : en interceptant « massivement le flux d’informations de notre nouveau monde – son essence même – alors que toutes les relations humaines, économiques et politiques s’y retrouvaient », il a pu rapporter « ce qu’il avait appris au monde physique pour déclencher des guerres, guider des drones, manipuler des commissions de l’ONU et négocier des accords, ainsi que pour rendre des services à son vaste réseau interconnecté d’industries, d’initiés et de copains ».

C’est donc bien ici même que se joue la bataille, Assange toujours : « Dans la mesure où l’État fusionne avec Internet, l’avenir de notre civilisation devient l’avenir d’Internet, et il faut redéfinir le rapport de force. » Une bataille, par conséquent, « entre d’une part la puissance que confèrent ces informations recueillies par des initiés, ces États fantômes de l’information qui sont en train de se développer, interchangeables, multipliant les liens entre eux et avec le secteur privé, et d’autre part la prolifération d’espaces partagés où Internet est un outil qui permet aux hommes de se parler ».

Dès lors, la défense d’Internet, d’un Internet libre, ouvert et universel, devient un enjeu politique décisif, où se joue l’appropriation de son destin par l’humanité elle-même. « C’est l’outil le plus important dont nous disposons pour faire face aux problèmes globaux qui se posent, et sa préservation est l’une des tâches essentielles de notre génération », insiste dans ce même livre Jérémie Zimmermann, comme il l’expliquera au récent rassemblement OHM 2013 dont Jérôme Hourdeaux a fidèlement rendu compte pour Mediapart.

Loin d’être une obsession militante marginale, cette réflexion rejoint celle d’un des penseurs pionniers de l’ère numérique, Manuel Castells, sociologue né en Espagne passé de France aux États-Unis.Communication Power, récent ouvrage (2009) de l’auteur de L’Ère de l’information, somme en trois tomes (chez Fayard), vient d’être traduit en France, avec une préface d’Alain Touraine qui y voit « un des livres les plus importants des sciences sociales contemporaines », permettant de « nous orienter dans le monde changeant et confus que nous vivons ». Or Communication et pouvoir (son titre français, aux Éditions de la Maison des sciences de l’homme) est une réflexion sur les conditions de l’émancipation face à la société de surveillance qui accompagne notre société de communication.

"Comunication Power" est paru en 2009 à Oxford University Press« Comunication Power » est paru en 2009 à Oxford University Press

En voici le point d’arrivée qui rejoint le constat ici dressé : « Les technologies de la liberté ne sont pas libres. Les gouvernements, les partis, les entreprises, les groupes d’intérêts, les Églises et les gangsters, ainsi que les appareils du pouvoir de toutes origines et de toutes sortes possibles, cherchent à exploiter le potentiel de l’auto-communication de masse afin de le mettre au service de leurs intérêts spécifiques. De plus, malgré la diversité de ces intérêts, le groupe disparate que forment les pouvoirs établis partage le même objectif : limiter le potentiel libérateur des réseaux de l’auto-communication de masse. »

Nouvel épisode, poursuit Castells, de « la lutte continuelle qui oppose la discipline de l’être à la liberté du devenir », l’espace collectif que la révolution de la communication a créé est donc menacé d’expropriation « afin de permettre l’expansion du divertissement à but lucratif et la marchandisation de la liberté personnelle ». Dès lors, empêcher cette confiscation suppose de défendre Internet, sa liberté, son intégrité et sa vitalité, ses potentialités émancipatrices, ses communications horizontales, et par conséquent tous ceux qui en sont les militants les plus audacieux. « Les mouvements sociaux les plus importants de notre époque, conclut Manuel Castells, sont précisément ceux qui luttent pour la préservation d’un Internet libre, par rapport à l’emprise des gouvernements et à celle des entreprises, afin de créer un espace de communication autonome qui puisse constituer la fondation du nouvel espace public de l’ère de l’information. »

S’il fallait situer Mediapart, il suffira de dire qu’il est de ce mouvement là, accompagnant sa diversité, épousant sa nouveauté, défendant ses audaces.

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Les nouveaux chiens de garde

Voici un film qui montre comment les « intellectuels », « experts » et « journalistes » des médias ne sont en réalité que des « chiens de garde » bien dressés pour défendre les bénéficiaires du pouvoir capitaliste en place.

Pitch : Les médias se proclament « contre-pouvoir ». Pourtant, la grande majorité des journaux, des radios et des chaînes de télévision appartiennent à des groupes industriels ou financiers intimement liés au pouvoir. Au sein d’un périmètre idéologique minuscule se multiplient les informations pré-mâchées, les intervenants permanents, les notoriétés indues, les affrontements factices et les renvois d’ascenseur. En 1932, l’écrivain Paul Nizan publiait Les chiens de garde pour dénoncer les philosophes et les écrivains de son époque qui, sous couvert de neutralité intellectuelle, s’imposaient en véritables gardiens de l’ordre établi. Aujourd’hui, les chiens de garde sont journalistes, éditorialistes, experts médiatiques, ouvertement devenus évangélistes du marché et gardiens de l’ordre social. Sur le mode sardonique, LES NOUVEAUX CHIENS DE GARDE dénonce cette presse qui, se revendiquant indépendante, objective et pluraliste, se prétend contre-pouvoir démocratique. Avec force et précision, le film pointe la menace croissante d’une information produite par des grands groupes industriels du Cac40 et pervertie en marchandise.

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Pourquoi les journaux sont devenus de la merde?

Aujourd’hui, la presse traditionnelle fait son choux gras de l’ « anniversaire de julien Dray ». On peut ainsi lire sur le Monde, l’Express, BFM et Mediapart la même version de l’histoire : Ségolène Royal et Manuel Walls étaient présents à l’anniversaire de Julien Dray organisé mais sont repartis quand ils ont appris que DSK serait aussi présent à la soirée. Tout cela en accusant Julien Dray de leur avoir tendu un piège.

Ahaha là, c’est qu’ils sont vicieux entre camarades socialistes. Ils invitent leurs amis à leur anniversaire pour leur tendre un piège !

Une vérification élémentaire effectuée par Reflets.info (lisez ce site!!!) des dates de naissance des protagonistes de l’histoire nous montre que Julien Dray est né le 5 mars et DSK le 24 avril.

Alors là, je ne sais pas, il y a comme un truc louche dans cette histoire. Jean marie Bigard dirait que « c’est troublant ! ». Mais que ce soit en réalité l’anniversaire de DSK où les éléphants du PS se seraient fait surprendre par un photographe ne m’étonnerait pas.

Et tous ces journaux qui bien sûr, ne divulguent que des informations véritables contrairement à ce qui se passe sur internet car ils sont journalistes et vérifient l’information, ont sûrement un explication au fait que Dray fête son anniversaire 2 mois après et pile au moment de celui de DSK… Je serai lecteur de ces journaux je leur écrirai un petit mot.

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