Objets connectés

Pendant ces vacances, j’ai fait joujou avec la domotique et les objets connectés.

Premièrement un constat s’impose:

  • Il y a pléthore de marques vendant des objets connectés. C’est bon signe.
  • Mais elles sont incompatibles entre elles. On ne peut pas utiliser un capteur thermique d’une marque pour déclencher une action sur l’appareil d’une autre marque. L’idée est que si avez commencé à acheter chez une marque, il n’y a plus de concurrence ensuite puisque vous devez tout acheter chez eux, sous peine de devoir tout racheter chez une autre marque.
  • Toutes les centres de commandes sont dans le cloud. Entre d’autres mots : dans les locaux des entreprises qui vendent les objets connectés. Le coté pratique, c’est que vous pouvez contrôler les objets depuis l’extérieur de votre maison.
  • Après achat, pour interagir sur ces objets, vous ne pouvez souvent pas le faire directement. Il faut obligatoirement passer par ces centres de commandes à distance. Pour cela vous devez accepter des conditions générales (dont vous n’avez pas connaissance avant l’achat) qui stipulent que vous leur accordez le droit de prendre le contrôle de vos objets connectés à distance, de stocker l’enregistrement audio ou vidéo de tout ce qui se passe chez vous (si votre objet comporte un micro ou une caméra), bref de stocker les données de tous les capteurs chez vous et toutes vos actions. Donc c’est ultra intrusif et cet aspect n’est bien sûr jamais évoqué sur une quelconque brochure commerciale. Vous serez ultra surveillé, à vos frais. Orwell et Huxley enfin réunis. La police est déjà sur la brèche et commence à demander les enregistrements des objets connectés.

Ce n’est pas trop mon truc, donc je me suis lancé dans mon assistant personnel en essayant de m’affranchir de ces contraintes.

J’ai utilisé :

  • python
  • sleekxmpp pour la communication entre les objets. XMPP est compatible avec tout (client mobile, desktop, lib python) et permet de piloter les objets tant sur le réseau local que sur Internet. Ayant déjà un serveur XMPP autohébergé (prosody) ce fut facile.
  • snowboy pour la reconnaissance vocale. Ca fonctionne sur le principe du « Ok Google » (c’est fait par les mêmes ingés). On s’enregistre parler quelques phrases comme « allume la lumière ». Puis on laisse le logiciel analyser le son du micro en continu. Si le logiciel détecte une des phrases, il lance une fonction qu’on aura programmée. Ca tourne en local sur votre machine sans connexion à Internet.
  • une prise électriqueconnectée dont le protocole de communication est connu par rétro-ingénieurie (ex: Dlink W215, Awox smart plug, Belkin Switch)
  • un micro

Au final :

Je peux dire « allume a lumière » dans une pièce et ma prise s’active et allume la lumière. Mais aussi « éteint la lumière » par exemple, chose plus pratique dans une chambre avant de s’endormir pour ne pas avoir se lever :p

Voici un exemple d’application non proposée par le fabricant mais possible si l’écosystème est ouvert. Et bien sûr on n’a pas envie que tout ce qui se passe dans une chambre soit envoyé chez Google ou Amazon pour la reconnaissance vocale…

J’ai aussi expérimenté d’autres choses. Par exemple « lance la musique » qui active mon la lecture de mes fichiers audio sur un autre PC relié à des enceintes. Ca fonctionne bien et ca évite pas mal de manipulation (se loguer sur le PC, lancer VLC, choisir des musiques). Mais le problème c’est pour éteindre la musique ensuite. En effet, difficile de reconnaître mon appel vocal « éteint la musique » si le son de la musique couvre déjà l’espace sonore !

Autre découverte : Si lorsque l’on est seul la commande vocale est sympathique. A plusieurs, n’importe qui peut s’amuser avec les commandes de la maison. Dans ces cas, on voudrait reprendre la main ou être plus discret. Il faut donc toujours une commande personnelle (ex: commande par smartphone). XMPP s’est révélé bien pratique sur ce point.

Aussi la commande vocale n’est pas infaillible à 100%. Si sur des applications accessoires comme la lumière, on rigole au départ quand la lumière s’éteint sans raison apparente. Ça devient pénible à l’usage même si ça reste peu fréquent. Mais surtout c’est un frein majeur à des commandes plus critiques comme « ferme la porte du garage » ou « allume le four » dont on ne veut absolument pas que ça se déclenche par hasard.

Bilan: Ce fut une expérience agréable qui permet d’entrevoir les possibilités offerte par l’automatisation pour l’usage domestique. Par exemple : Ne plus avoir à se soucier de fermer les portes ou d’éteindre les lumières lorsque l’on sort de la maison. Commander et se faire livrer les courses automatiquement en fonction de ce qui manque. Et ce n’est que le début. La voiture sera bientôt radio commandée, un robot pourra préparer des plats frais succulents…

Nous allons devenir fortement dépendant de nos nouveaux esclaves numériques. Les refuser nous rendra moins compétitifs (comme refuser de travailler par email ou de porter un téléphone portable aujourd’hui). Le logiciel libre et la concurrence devront être préservées car sinon les entreprises qui fournissent ces automates risquent rapidement de nous rendre esclaves de leur services. (on peut parier que le législateur s’en rendra compte 10 ans trop tard comme d’hab)

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